24 juin 2014

Aujourd'hui

Aujourd’hui quand tu es parti, mon coeur ne s’est pas serré. Il a fait comme lors de notre rencontre, il s’est agrandi. Il s’est permis d’habiter toute son amplitude. Ça doit ressembler à ça la confiance, la capacité de faire le plein de beaux moments et de s’appuyer sur les mots doux pour continuer avec le sourire jusqu’à la prochaine fois, jusqu’au véritable commencement.

« C’est l’histoire d’une fille qui a toujours des histoires avec des hommes pas disponibles (au sens large du terme)», lui raconte son amie. « Comme ça elle peut les aimer en paix. Ça m’a fait penser à toi. »
Un peu comme si avec toi, je pouvais aimer sans mesure sans avoir à vivre l’intolérable sentiment d’être aimée complètement. Un peu comme si, paradoxalement, à travers toi je pouvais apprendre lentement et doucement à m’aimer.

27 mai 2014

La douceur

On a souvent théorisé sur la douceur, on a affirmé que ce n’était pas de la faiblesse, que c’était une qualité, que c’était nécessaire, à développer, à rencontrer etc. etc.


Mais une fois qu’on y touche, on réalise que rien de ces discussions ne pouvait nous préparer à ce qu’on ressent à son contact.  Une douceur qui, effectivement est bien loin de la mollesse, de l’effacement, de l’évitement. Une douceur qui contient une force et une présence inébranlable. On a beau douter, retomber dans ses failles, tempêter, lorsqu’on ouvre les yeux, ou les sens, on le retrouve toujours là, au même endroit. Si doux, si tendre, que la fuite, réflexe habituel, semble une avenue ridicule et inutile. Si fort, si ancré, qu’on a envie de mettre notre main dans la sienne pour emmêler nos racines respectives. Sans panique, sans appréhension, juste doucement, mais fermement.

On mesure enfin le sens de l’expression « mots doux » lorsqu’on retrouve dans ses mots une évidente tendresse, une solidité, une justesse qui rassurent chaque fois sans tomber dans le piège du mielleux et du crémage éblouissant.

Et chaque fois qu’il se penche sur nous pour déposer un baiser, une caresse ou simplement le poids de son corps, on peut lire dans ses yeux un mélange presque irréel de douceur et de fougue qui suffit à alimenter la patience et à anéantir les peurs qui pourraient subsister faisant place à des milliers de désirs tous plus inspirants les uns que les autres.

10 mai 2014

Les mots usés

Vient un  moment où on  n'ose plus trop mettre de mots sur ce qui se passe. Comme si toutes les fois où, habitée d’une intensité indomptée et inconsciente, on avait nommé exagérément ce qu’on vivait avec les hommes de passage,  on avait émoussé la signification de ces mots. Alors que maintenant pour la première fois, à l’orée de cette déroutante histoire, ils prendraient véritablement leurs sens.

On se sent un peu comme le petit garçon qui criait au loup. Maintenant que le loup est là beau, grand fort (pas si grand mais bon) et qu’on se sent prête à danser avec lui, les mots manquent parce qu’ils ont été usés lors d’histoires précédentes.

On ressent quelque chose qui ressemble à la honte en relisant des correspondances passées, comme une impression d’avoir gaspillé ces mots. On va même jusqu’à envisager effacer tous ces textes rédigés dans des moments d’effervescence. On se sent un peu stupide, même, de s’être emballée pour si peu.

Mais on a surtout peur de nommer intensément une histoire qui pourrait, comme les autres, s’évaporer et laisser peu de traces.

9 avril 2014

Mon coeur se serre


Lorsqu’on tombe amoureux, c’est la coutume de dire que notre coeur se serre quand on voit la personne concernée ou encore quand elle hante nos pensées. Pourtant, ne serait-il pas plus exact, voire même sain de dire que notre coeur s’agrandit ? Loin d’être restrictif, être amoureux devrait plutôt favoriser l’expansion de notre âme, porter plus loin nos sentiments. Peut-être que c’est parce qu’on confond souvent anxiété et sentiment amoureux ?
Ne serait-il pas plus agréable d’aspirer à une douce chaleur diffuse qui s’installe dans le plexus solaire, comme une vague ou encore à respirer mieux en sa présence, comme si l’espace s’agrandissait ?
Le coeur qui se serre, on garde ça pour la fin. Quand inévitablement on arrive au bout de la route et que l’autre prend l’autre côté du Y.

« Nous deux nous méritons bien plus haut qu'une voûte
Alors je t'ai trouvé une plaine sans route
Sans autres limites que les points cardinaux
Et sans traces que celles de nos chevaux qui absorbent l'espace »
-Daran

25 mars 2014

Le célibat

Étrange la perception de la majorité selon laquelle être en couple est nécessairement mieux qu’être célibataire. Étonnant comme l’empressement à « matcher » vient vite lorsqu’on énonce notre célibat. « On va te faire une fiche réseau contact » qu’il a dit, le beau grand brun récemment rencontré au détour d’une campagne électorale. Bon, grand, pas tant que ça, mais clairement beau et brun.
Mais est-ce qu’être en couple est nécessairement un plus ? Clairement si tout va bien, pouvoir se déposer la tête soir après soir, partager la peau d’un être dont l’odeur nous enivre, se blottir au chaud les nuits d’hiver, partager, créer, rêver ensemble sont autant d’éléments à mettre dans la colonne des plus incontestables.
Mais restons lucides, il arrive parfois (souvent même peut-être) que ça soit moins rose. Les chicanes, les compromis, les négociations, les blessures. Si l’on s’attend à ce qu’être en couple ne soit pas que facile, si l’on est conscient que l’on devra s’ajuster, communiquer, y mettre du sien, reste que certaines relations de couples rendent plus malheureux qu’autre chose.
Si le célibat peut avoir quelque chose de dur, de douloureux il n’en demeure pas moins qu’il comporte aussi sa propre lumière et ses moments de réel bonheur. Si la solitude peut peser certains soirs, elle offre surtout l’espace nécessaire pour apprendre à exister tel qu’on est et la possibilité de créer ce qu’on veut, de dessiner une vie à notre image.
Une fois bien ancrée dans notre célibat, on continue à espérer partager notre vie avec un amoureux lumineux. On souhaite encore un jour, croiser la route d’un homme au coeur aussi grand que son sourire et se rapprocher lentement, fluidement, simplement. Mais l’idée de provoquer la chose parce qu’il le faut est loin de faire partie de la suite logique des choses.

9 janvier 2014

Peine d'amour

-->

S’il est un domaine où l’expérience est très peu utile, c’est bien les peines d’amour. Chaque fois, la douleur sait nous surprendre.
Alors qu’on pensait cette fois-ci s’en tirer pas si mal, ( Tsé on a de l’expérience, ça ne menait nulle part, on a fait le meilleur choix possible blablabla... ) on se retrouve pétrifiée d’un chagrin jamais connu, d’une tristesse d’une profondeur vertigineuse et d’une douleur paralysante. Emmurée dans le silence, on s’entoure d’ami(e)s mais on a l’impression de faire de la figuration dans un film muet. On se jette dans le sport, en souhaitant pouvoir s’ancrer dans un corps vivant mais plus on sent ses muscles, plus on sent le vide laissé par cet homme qu’on souhaitait le nôtre. On fait passionnément l’amour à son piano, mais chaque note nous ramène à lui, chaque vibration à celles de son corps, de son âme, de son sourire, de sa présence.
Peut-être est-ce si vif parce que cette fois, pour la première fois, on s’était laissé tomber dans cette histoire sans se retenir, sans se battre ni contre nous, ni contre lui. On acceptait qu’on avait besoin d’un homme, besoin de lui. On avait ouvert son corps, son âme, son coeur, sans aucune retenue. On avait fait une place au quotidien : « comment vas-tu ? », « tu me manques », « t’es belle », « comment ça se passe jusqu’à maintenant ? », « j’ai envie de toi », « tu veux que je relises ton texte ? ». Autant de messages futiles qui laissent maintenant un gouffre sans fond.
Autre différence marquée cette fois, on n’a aucune envie de s’en remettre. Si on pouvait passer notre vie à ramper, si on pouvait éviter l’altitude, si on pouvait s’habituer à être un zombie, ça serait le meilleur des scénarios.

6 janvier 2014

Se laisser prendre au jeu

Sourire, flirter, écrire, beaucoup écrire. Se dire que dans le fond c'est amusant, qu'on a rien à perdre. Profiter du moment qui passe. Se dire que de toute façon ça ne peut pas mener à rien dans la vraie vie, les contraintes sont trop nombreuses. Le chemin serait trop ardu. Rire, jouer avec le feu, repousser la limite. Douter, avoir envie de fuir. Prendre ce qui se passe comme un exercice qui permet d'être soi-même, de tout dire, de tout faire. Apprécier. Rire de plus en plus, goûter à la légerté, la facilité, la volupté, oui, même.


Se retrouver les yeux dans les yeux pétrifiée par la vérité qu'on ne peut plus nier. L'amour est là. Beau. Grand. Fort.

Se surprendre à croire que les obstacles sont surmontables si on le fait ensemble.

Respirer doucement, imperceptiblement pour ne rien bousculer. Ne pas bouger. Rester là. Croiser les doigts et espérer très fort que pour une fois l'amour sera plus fort que la peur.

Respirer doucement et tendre les bras en espérant plus fort que tout, cette main avec laquelle tout, mais vraiment tout pourrait être possible.