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14 octobre 2013

Le Viking et la Pommade

Quelle belle surprise que de trouver un texte qu'on ne se souvenait pas d'avoir écrit. Quel cadeau que ce souvenir oublié qui ressurgit. Comme un mémo de la vie à l'effet que le beau survit toujours quelque part. ( écrit quelque part au début du mois de juin 2013)


Lors d’une nouvelle relation, un des premiers défis est de jauger subtilement quels sujets on peut aborder, quels mots on peut utiliser, quelles émotions on peut partager sans brusquer le nouvel élu. Ce qui est bien avec un Viking, c’est qu’on a l’heure juste rapidement mais surtout que la profondeur loin de faire peur, fait plaisir alors que le superficiel peut générer un regard hostile....
La Belle : « Ce qui me parle de toi dans ce texte que je t’ai envoyé, c’est l’authenticité du personnage, sa capacité à rester dans le moment présent, la légèreté avec laquelle il fait les choses, sa passion pour les voyages. Ça me fait penser à toi qui me déroute délicieusement et qui me donne envie de me dérouter encore plus. C’est fou. »
Le Viking ( attentif et les yeux brillants) : c’est vraiment cool ce que tu me dis là.
La Belle (malicieuse, les yeux rieurs) : Tu sais, tu pourrais mettre de la pommade dans tes cheveux.
Le Viking (yeux menaçants, sourcils fronçés) : silence
La Belle : oups j’ai dépassé les limites
Le Viking : ben j’ai déjà eu du spray net...
La Belle : fou rire
Le Viking (sérieux ) : je m’en servais pour réparer  mon vélo

24 juillet 2013

Regarder dans la même direction



« Selon la façon dont deux personnes rêvent, elles créent ensemble la direction commune de ce rêve que l’on appelle une relation. (...) Chaque relation devient un être vivant concrétisé par deux rêveurs. »
-Don Miguel Ruiz, La maîtrise de l’amour.

« Nous ne regardons pas exactement dans la même direction. » -Le Viking, dernière missive.

Mais est-ce nécessaire de fixer le même point d’horizon pour qu’une relation puisse exister ? Probablement que ça aide de regarder du même côté. Mais loin d’être un obstacle, ne pas regarder exactement au même endroit ou de la même façon est une richesse. Tenir la main de quelqu’un qui ne voit pas la même chose que nous, nous oblige à élargir le regard et par le fait même à ouvrir notre esprit, à agrandir notre conception de la vie, ça permet de voir des paysages qu’on n’aurait jamais vu seul, de se découvrir l’envie de dévaler de grands chemins qu’on ne croyait pas exister. Bien entendu, plus on a d’options, plus c’est difficile de choisir. Mais quelle chance de voir les avenues se multiplier devant nous.

Confrontant, cet horizon qui s’ouvre à nous résonne sur qui nous sommes et permet à des côtés de nous qu’on ne connaissait pas d’émerger. Évidemment, on peut se sentir vulnérable lorsqu’on sent naître à l’intérieur de nous, une personne qu’on ne connaissait pas. Prendre le temps de l’accueillir et d’écouter ce qu’elle a à proposer est clairement déstabilisant. Accepter de mettre notre plan de côté, du moins le temps de réfléchir aux nouvelles possibilités, peut nous bousculer.

Pourtant, deux directions légèrement différentes permettent un rêve plus grand, plus fou. Plus vertigineux, mais n’est-ce pas plus intéressant ainsi ? 

Crédit Photo : Le Viking

28 juin 2013

Viking posthume 5 de 5 : Au bout de nous


Un jour, après avoir partagé mille plaisirs et tout autant de magie, le Viking et la Princesse se réveillent à la croisée des chemins. Bien que totalement différentes, leurs routes se sont rencontrées, improbable scénario, une faveur accordée par la vie, pourrait-on penser. Mais ce matin, c’est l’heure des choix. Lucides, ils reprendront chacun leur trajectoire conscients des efforts et sacrifices qui auraient été inévitables s’ils avaient décidé de suivre la trajectoire de l’autre ou encore de défricher eux même le reste de la route. Sans drame mais pourtant habités d’une tristesse infinie, ils se diront adieux et partiront sans se retourner.

Pendant un certain temps, la princesse cherchera ses repères. « Le Viking est parti pour toujours ce matin... Il continue sa route mais moi je sais plus où est la mienne... » murmurera-t-elle doucement en restant pourtant grande et forte.

Si habituée à se quitter pour mieux se retrouver, difficile à croire, cette fois-ci, que c’est terminé pour toujours. D’autant plus que chaque fois qu’elle a fait mine de s’en aller, la main du Viking s’est refermé fermement sur son poignet arguant qu’ils n’avaient pas terminés de partager de savoureux moments. Mais cette fois-ci c’est vraiment le plus loin qu’ils peuvent aller ensemble.

Tout n’est pas perdu. Loin de là. Reste les souvenirs, le courage, la douceur, les nouveaux projets, la capacité à vivre le moment présent, le bris du moule, l’espace, l’ouverture, l’authenticité, la patience. Plus concrètement : le goût de la campagne, du bois, la guitare, l’urgence de voyager, l’envie de pousser l’écriture et la musique. Clairement, ce bout de chemin en valait plus que la peine. Sûrement qu’une fois le vide estompé et les larmes taries, il ne restera que le positif. Lorsque le nuage sera passé, les rayons de soleil mettront en lumière les résultats de cette si belle transformation. Du moins, c’est ce que la princesse se répète en respirant doucement lorsque ses poumons se déchirent, que ses yeux s’embuent et que son coeur se serre.

C’est en se répétant qu’ils sauront toujours se retrouver s’ils le souhaitent vraiment qu’elle résiste à l’envie de rester sur place en espérant son retour et qu’elle décide d’avancer, un pas à la fois, sur cette magnifique route inconnue qui s’ouvre devant elle.

« On se déroute quand on se rencontre, sinon on ne fait que se croiser. » Boris Cyrulnik

27 juin 2013

Viking posthume 4 de 5 : Les retrouvailles


Plusieurs personnes mesurent leur compatibilité à la capacité qu’ils ont de passer du temps ensemble sans se lasser. Un autre critère mérite qu’on s’y attarde : la capacité à retrouver son chemin vers l’autre après chaque séparation. Certaines relations nécessitent un entretien quotidien, lorsque la vie impose une séparation, il y a un délai avant de se réapprivoiser, avant de retrouver ses repères et son aisance. C’est généralement ce à quoi on s’attend.

C’est donc normal d’être surpris quand on rencontre quelqu’un avec qui, chaque fois, la connexion est instantanée. Un être avec qui on retrouve instantanément son chemin peu importe le temps de séparation, les doutes et le silence. Au moment où ses yeux croisent les nôtres et où sa main nous effleure, on se retrouve comme par magie, à l’endroit où on s’était laissé. La conversation reprend, le quotidien s’installe, le désir monte. Les inquiétudes des jours/mois passées s’estompent et de fois en fois on se rappelle de plus en plus que malgré les absences, les retrouvailles sont toujours merveilleuses. C’est ainsi, qu’on construit doucement, notre confiance en cette relation qui s’enracine lentement mais surement. 

Ajout : fou comme un texte si lumineux peu nous rendre aussi triste une fois qu'on sait que les retrouvailles n'auront plus jamais lieu.

26 juin 2013

Viking posthume 3 de 5 : La sécurité


Un des bons côtés à partager son coeur, c’est de se sentir en sécurité. Une fois que le chevalier a retrouvé sa princesse dans sa tour, non seulement elle devient une reine mais elle acquiert aussi un sentiment de sécurité. D’abord à cause de la présence de son roi. Mais aussi parce qu’en protégeant sa reine, le roi  lui insuffle aussi le courage de se dépasser, de devenir plus forte. La reine en devenir se surprend donc, en l’absence de l’élu de son coeur, à braver de nouveaux dangers, à relever de nouveaux défis. Que ce soit de s’ouvrir et de créer des liens avec des inconnus, de lancer de nouveaux projets de vie sans filet ou simplement de recommencer à marcher en forêt ou d’ébouillanter des homards vivants pour la première fois.  Notre princesse en résidence sent le courage parcourir ses veines. S’il s’agit d’un cadeau transmis par l’énergie de son chevalier, l’effet bénéfique de la certitude que maintenant, avec lui, elle pourra toujours être vulnérable, y est pour beaucoup.

Ajout : ce qui est encore plus beau dans tout ça, c’est qu’une fois le chevalier reparti combattre ses dragons qui l’ont finalement rattrapé, la princesse sent toujours le courage l’habiter. Quel bel héritage!

25 juin 2013

Viking posthume 2 de 5 : Le désir


Il existe plusieurs sortes de désir. On est généralement familier avec le désir instantané, celui qui nait d’une étincelle, d’une image, d’une pensée et qui rapidement prend toute la place dans notre corps. Celui qui demande à être assouvi rapidement. Ce désir flamboyant nous transporte, nous fait perdre contact avec la réalité pendant un instant, nous transperce comme une flèche.

Mais on sous-estime le désir qui éclot lentement. Celui qui nait d’un regard discret, qui se fraie un chemin jusqu’au coeur et qui s’installe en douce, sans faire d’éclat. Comme un nuage de brume qui nous enveloppe lentement. On se réveille un matin et on réalise que chaque cellule de notre corps est habitée du désir de se coller sur l’autre. On ne sait pas depuis quand, mais on n'a aucun doute que c’est ancré profondément. Étonnement, l’urgence de répondre à notre envie n’est pas là. Les sensations qui nous habitent se suffisent à elles-mêmes, même si on sait très bien que la rencontre de nos corps sera délicieuse. On n’a qu’une idée : laisser exister le désir et savourer l’élan qui nous habite.

Lorsque la vie nous réunit enfin, au lieu de se jeter un sur l’autre pour assouvir ce désir qui nous brûle. On s’approche doucement, lentement. On se frôle, s’effleure, se caresse en savourant chaque seconde de ces extatiques sensations qui se succèdent. On se fond l’un dans l’autre en souhaitant que cet état de désir existe indéfiniment. Et on nourrit ainsi ce désir plus discret, mais tellement plus profond qui pourra exister jusqu’à la prochaine fois.

24 juin 2013

Viking posthume 1 de 5 : Le temps


Il est bien connu que  la vitesse du temps varie au fil des événements. La convention veut que le temps passe vite en bonne compagnie, quand on s’amuse.

Pourtant, il arrive qu’en certains lieux, le temps passe lentement même si on est bien entourée et même si on a beaucoup de plaisir. Un peu comme si la capacité d’être dans le moment présent se multipliait et offrait la possibilité de vivre tout ce qu’il y avait à vivre. Ces lieux sont rares et précieux.

C’est dans un de ces lieux que j’affectionne particulièrement que j’ai réalisé que j’avais eu la chance de croiser la route d’un être qui avait les mêmes pouvoirs. Que les moments volés à la course effrénée qu’est ma vie, s’étiraient quand j’étais avec lui. Qu’on avait le temps de tout se dire ce qu’il y avait à dire et de faire tout ce qu’on avait envie, malgré la courte durée de ces séjours. Qu’au moment de son départ, bien que triste, j’étais comblée en j’avais fait le plein de sa présence, du moins assez pour me rendre à la prochaine fois. Peut-être était-ce lié aux grand espaces qu’il transportait partout avec lui ? À la chimie qui s’était installée en douce ? Dur à dire.

Enfin... jusqu’au séjour qui a précédé la fin de notre histoire. Cette fois là, on dirait que la vie nous a rattrapée. Le temps a filé et le moment du départ est venu nous bousculer. Est-ce que c’était le signe que nous étions arrivés au bout du chemin ou est-ce que ce changement de rythme est venu précipiter la fin ? On ne le saura jamais. Mais le vide actuel semble aussi élastique que l’était le temps en sa compagnie.