Ce fut bon et triste. Bon de sentir son corps agrippé au mien, de sentir son désir, de respirer son odeur. Bon de l’entendre me confirmer son attirance, son envie d’être là. Bon de sentir à nouveau la chaleur de sa peau, son accueil absolu de mon être tout entier. Absolument merveilleux de passer ce moment dans ses bras, de me sentir aimée durant toute une heure, de sentir toute la tendresse qui couvait sous chaque geste.
Triste de constater le cruel contraste entre le moment si délicieux et l’aveu que quelqu’un d’autre occupe l’espace tant convoité. Triste de continuer à sentir tous les moments de complicité, les réflexes de douceur refoulé. Triste de sentir ces aiguilles de douleur qui déchirent le cœur à chaque manifestation d’affection.
Triste de reconnaître qu’on n’était pas prête quand c’était le temps et que notre amour assumé arrive trop peu trop tard.
Je taime
26 septembre 2008
Trop peu trop tard
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19 septembre 2008
Plonger
Arrêter de résister. Ne plus inventer de théories menant loin de lui. Laisser s’installer la certitude que ma route passe par ses bras, peu importe pour combien de temps. Accepter le besoin oppressant de me déposer. Assumer le besoin de sa présence à mes côtés. Accepter d’avoir envie de partager ma vulnérabilité. Reconnaître les contradictions, les doutes, l’ambivalence. Comprendre l’impossibilité de trouver la réponse toute seule. Être prête à affronter le refus, le rejet. Prendre le risque de me tromper… encore. M’ouvrir à l’évidence et laisser s’installer les désirs incessants. Cesser de me battre contre mon cœur, aussi complexe soit-il.
Et attendre impatiemment son retour.
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15 septembre 2008
Lui ?
Et si ce n’était pas lui ? Et si c’était plutôt ça ? Et si cet homme qui alimente tant l’imaginaire n’était en fait que la représentation de la relation idéale. Et si son magnifique corps ne servait que de support visuel à vos rêvasseries ? Comme si on utilisait une base intéressante, qu’on jetait du flou sur les zones d’ombres, qu’on mettait l’accent sur la lumière et qu’on ajoutait toutes les situations futures possibles. Un peu comme un travail de photoshop. Le résultat fait effectivement baver d’envie, ce qui n’est pas nécessairement le cas de la réelle personne qui était sur la photo de départ. Et pourtant, même en étant complètement lucide, la torture n’est pas moindre, le désir pas moins réel et l’envie de faire délibérément le mauvais choix subsiste cruellement.
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Renoncer
On a toutes et tous déjà du mettre fin à une relation passionnée mais trop déchirante. Une relation qui ressemblait étrangement à un trip d’héroïne : l’extase totale suivie de la chute au millième sous-sol. La typique relation où l’autre est disponible aléatoirement et où les retours d’appels se font suivant une logique qui nous échappe. Ce fut généralement difficile, la force des bons souvenirs faisant souvent ombrage à tous les manques de considération.
Comble du déchirement ? Peut-être, jusqu’à ce qu’on doive renoncer à une relation qui n’est pas bonne pour nous, avec un mec absolument magnifique, où l’extase physique est au rendez-vous, avec un homme présent quotidiennement, qui fait sentir constamment que vous êtes une femme belle, magnifique et hors du commun, qui vous aime exactement comme vous êtes, qui est prêt à s’engager, qui est supportant, aidant, qui va au-delà de vos besoins.
Mais qui éprouve certaines difficultés à tracer ses limites, à déterminer ses frontières, qui par sa présence intense vous amène dans les abimes de vos peurs, qui par son intensité suscite la panique. Malgré l’envie oppressante de posséder à nouveau son corps, malgré l’espoir incessant d’un futur commun, la raison s’impose de plus en plus et le renoncement, déchirant il va sans dire, devient le seul chemin possible.
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Déception
Observer... s’approcher lentement... doucement... à petits pas. Désirer... respirer... attendre... ne pas brusquer... se faire petite. Avancer... reculer... hésiter... laisser venir... apprivoiser... désirer ardemment... ne pas brusquer. Écouter... regarder... sentir... être patiente... profiter de chaque contact. Observer l’infini beauté... respirer la virilité... imaginer la peau brulante... ouvrir son cœur... accueillir les peurs et les doutes... laisser grandir le désir... se faire violence, attendre.
Puis enfin se blottir dans ses bras et toucher sa peau pour constater que la chimie ne passe pas, que la connexion ne se fait pas, être déçue. Et pourtant, continuer à désirer, à espérer en sachant très bien que l’extase physique ne sera jamais au rendez-vous.
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31 août 2008
Éthique du plaisir
Si on a envie de vivre une relation basée uniquement sur le plaisir physique avec quelqu’un à qui on a déjà arraché le cœur, qu’on se doute que la situation pourrait l’atteindre, peut-on quand même aller de l’avant avec nos propositions indécentes ? Plusieurs diront que l’autre est un adulte et qu’il est en mesure de gérer lui-même ses états d’âmes, de prendre une décision et de mettre ses limites. Position tentante à adopter lorsque la certitude demeure quand à l’aptitude de ces épaules merveilleuses à vous emmener au 7è ciel à coup sûr. J’aurais plutôt tendance à dire qu’une responsabilité éthique subsiste et qu’elle consiste à ménager l’autre, surtout lorsque par le passé on est loin d’avoir été irréprochable et qu’on doit tenir compte des dommages possibles que cette rencontre extatique ou même sa simple évocation pourrait créer.
L’obsession perdurant depuis plusieurs mois, une autre question s’impose : Est-ce véritablement le corps de l’autre qu’on veut posséder? Ce désir incessant ne cacherait-il pas des sentiments plus profonds ? La panique qui s’installait à l’époque de la proximité émotive était-elle du à une peur de laisser tomber sa carapace, de perdre ses repères ?
Est-ce la nouvelle histoire naissante de l’ex fréquentation qui stimule un côté guerrier et crée une envie de conquérir ce qu’on sent nous échapper. Est-ce le désir, suite à de nombreuses épreuves, d’exister dans le regard de l’autre, de se sentir à nouveau belle et magnifique, d’appliquer un baume sur les plaies ouvertes ? La tentation de se réparer dans les bras d’un autre quitte à les abandonner lorsque épuisés ?
Ou est-ce la prise de conscience de notre incapacité à se laisser aimer véritablement, à accepter qu’un autre être humain puisse prendre soin de nous au quotidien ? La réalisation profonde que laisser quelqu’un partager sa route crée, à tort, la crainte de perdre sa force et son aptitude, durement acquise, à être capable toute seule ?
Dans le doute, il vaut probablement mieux s’abstenir et malgré la torture, laisser l’autre à son bonheur. Il le mérite bien.
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2 août 2008
Le vertige
Se pourrait-il, une fois le cœur et le corps arrêté que tout se mette en place afin d’éviter tout contact susceptible de les solliciter à nouveau ? Qu’au souvenir de la dernière blessure vive bien présent, un espèce de système d’alarme, un périmètre de sécurité, s’installe et génère automatiquement des comportements répulsifs pour quiconque oserait s’aventurer trop près. Comme si l’âme refusait de risquer une nouvelle blessure peut importe l’attrait de ce qui se présente.
Est-ce possible qu’à l’approche d’un homme intéressant, la seule réaction possible soit la distance, l’indifférence, l’absence, le désintérêt ? Malgré l’envie bien présente de s’approcher, d’aller explorer les alentours. Comme si le cœur n’y était pas. Alors que gonflé d’espoir, il préfère s’effacer au lieu de risquer une autre chute. Quitte à manquer une délicieuse rencontre.
Ou au contraire est-ce l’irrésistible envie de revivre encore et toujours des histoires complexes et tordues qui nous pousse à placer nos pions selon une étrange stratégie bien connue pour donner des résultats catastrophiques.
Ou est-ce le vertige ?
« Celui qui veut continuellement s’élever doit s’attendre à avoir un jour le vertige. Mais qu’est-ce que le vertige ? La peur de tomber ? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur le belvédère pourvu d’un solide garde-fou ? Le vertige c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide qui nous attire et nous envoute, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite continuellement. »
« Avoir le vertige c’est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience de sa faiblesse et on ne veut pas lui résister mais s’y abandonner. On se saoule de sa propre faiblesse. On veut être faible encore, on veut d’écrouler en pleine rue aux yeux de tous, on veut être à terre, encore plus bas que terre. »
Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être.
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