14 novembre 2013
Sur un fil
Un élément essentiel pour qu’une relation
puisse se développer, c’est de sentir un fil qui vient lier les moments passés
ensemble. Une succession de moments passés ensemble, aussi merveilleux,
intenses et ancrés puissent-ils être, ne pourra jamais se tisser en une
relation solide et nourrissante.
On porte alors son attention sur ce qui peut
faire office de fil. Les innombrables mots doux échangés par courriel, les
souvenirs d’un court mais intense et délicieux moment passé ensemble, les
rituels bon matin et bonne nuit, les discussions fréquentes sur maints sujets
tous plus intéressants les uns que les autres, les coups de main pour la
rédaction de textes, le sentiment qu’on peut tout partager, que peu importe ce
qui se passe, un ange est là pour veiller sur nous et rappeler qu’on est extraordinaire.
C’est dans un moment de flottement où on a l’impression
de toucher à la perfection, de baigner dans la félicité qu’une douloureuse
question se présente, aussi subtile qu’un coup de poing au visage, aussi
percutante qu’un poignard au coeur : « Et si après avoir tant voulu un fil pour lier les moments parfaits on se retrouvait dans une histoire remplie de fils
mais sans moments réels ? »
Et
c’est ainsi que la terreur se fraie à nouveau un chemin, malgré le désir
sincère et profond de laisser son coeur ouvert prêt à assumer la suite.
Contes: Élans, images 0 réactions de sujets
18 octobre 2013
L'engagement
On illustre souvent l’engagement en dépeignant un espèce de contrat, ou
encore une routine sur laquelle s’entendent deux êtres humains. Vivre ensemble,
s’écrire régulièrement, planifier des moments passés à deux etc.
Mais si on faisait fausse route ? Et si vouloir tout planifier,
tout mettre dans des cases était en fait une façon de ne pas s’engager ?
Comme si prévoir ce qui allait se passer nous mettait à l’abri d’être
bousculée, d’être surprise hors de notre zone de confort. Comme si donner un
cadre aux choses nous évitait de devoir s’ajuster aux mouvements spontanés de
l’autre, minimisait la place qu’on devait lui faire.
Et si l’engagement impliquait plutôt une grande capacité à vivre avec
un cadre dont les contours ne sont pas défini aussi clairement qu’on le
souhaiterait ? Comme un acte de foi qu’on signerait avec notre âme sur les
sentiments de l’autre. Un pacte qui nous permettrait de faire confiance à la
façon dont notre histoire se dessinerait et de profiter des moments passés
ensemble avec la certitude que la suite s’écrirait pour le mieux.
Et si l’engagement c’était juste d’offrir à l’autre une qualité de
présence et de communication nourrie par le désir de maximiser le potentiel de
bonheur commun ?
Contes: Élans, images 0 réactions de sujets
14 octobre 2013
Le Viking et la Pommade
Quelle belle surprise que de trouver un texte qu'on ne se souvenait pas d'avoir écrit. Quel cadeau que ce souvenir oublié qui ressurgit. Comme un mémo de la vie à l'effet que le beau survit toujours quelque part. ( écrit quelque part au début du mois de juin 2013)
Lors d’une nouvelle relation, un des premiers
défis est de jauger subtilement quels sujets on peut aborder, quels mots on
peut utiliser, quelles émotions on peut partager sans brusquer le nouvel élu.
Ce qui est bien avec un Viking, c’est qu’on a l’heure juste rapidement mais
surtout que la profondeur loin de faire peur, fait plaisir alors que le
superficiel peut générer un regard hostile....
La Belle : « Ce qui me parle de toi
dans ce texte que je t’ai envoyé, c’est l’authenticité du personnage, sa
capacité à rester dans le moment présent, la légèreté avec laquelle il fait les
choses, sa passion pour les voyages. Ça me fait penser à toi qui me déroute
délicieusement et qui me donne envie de me dérouter encore plus. C’est fou. »
Le Viking ( attentif et les yeux
brillants) : c’est vraiment cool ce que tu me dis là.
La Belle (malicieuse, les yeux rieurs) :
Tu sais, tu pourrais mettre de la pommade dans tes cheveux.
Le Viking (yeux menaçants, sourcils
fronçés) : silence
La Belle : oups j’ai dépassé les limites
Le Viking : ben j’ai déjà eu du spray
net...
La Belle : fou rire
Le Viking (sérieux ) : je m’en servais
pour réparer mon vélo
Contes: images, Le Viking, Viking Posthume 0 réactions de sujets
11 octobre 2013
Entre deux ( prise 2)
Certaines personnes ont le don de nous faire
sentir importantes, belles et merveilleuses quotidiennement. Que ce soit par
des compliments, par des petits mots virtuels ou par des discussions fréquentes
et intéressantes, on sent bien leur présence à chaque jour. Et bien qu’étourdissant,
c’est très agréable. Pourtant, à la minute où ils s’absentent, c’est le néant.
Le vide. Comme si rien n’avait existé.
Alors que d’autres, malgré plusieurs mois de
silence, arrivent à occuper notre esprit et notre coeur constamment. Poussant même
l’audace à nous visiter dans nos rêves si jamais on osait atténuer leur
souvenir et envisager la possibilité qu’un jour il pourrait peut-être y avoir
quelqu’un d’autre.
Contes: images 0 réactions de sujets
7 octobre 2013
Avoir besoin
« J’ai besoin » Quelle phrase difficile
à prononcer. On est en 2013. Une femme qui se respecte ne devrait jamais avouer
qu’elle n’y arrive pas seule. Demander de l’aide, oui, en spécifiant que
sinon-c’est-pas-grave-on-y-arrivera-quand même. Mais « avoir
besoin » ? Oh que non !
Et pourtant, il existe certainement au fond de
nous un espace où on a besoin de quelqu’un. Un espace qu’on peut faire taire et
déserter mais qui existe quand même. Sinon pourquoi accepterait-on de partager
notre quotidien avec un homme ? Quelles raisons nous pousseraient à faire
des compromis, à discuter, à travailler sur nous ?
Et si c’était la clé qui nous manque à nous
les femmes fortes et auto-suffisantes ? Accepter qu’on a besoin d’un
homme... Ô le blasphème. Pas un homme pour faire les choses à notre place. Un
amoureux qui par sa présence, nous supporte et nous permet de faire des choses
qu’on n’aurait pas fait seule. Souvent même en n’étant même pas là. Simplement
parce que savoir qu’il existe nous rend plus forte. Simplement parce qu’on sait
qu’il y aura un moment où on
pourra se déposer la tête et se sentir toute petite pour un instant.
Et si laisser exister ce besoin faisait partie
de la solution ? Et si on arrivait à le laisser grandir, à apprendre à le
connaître et même à l’aimer ce besoin de l’autre ? Qu’est-ce qui pourrait
se dessiner pour nous ?
Contes: Élans, images 0 réactions de sujets
14 août 2013
Le fil (prise 2)
Étonnant comme la vie si chaotique peut
parfois installer un rythme et me remettre en ta présence systématiquement,
chaque année, pour le même événement. C’est avec beaucoup de calme et des
racines bien profondes que je t’ai retrouvé cette année. Contente de constater
que ta présence m’apaisait toujours autant, amusée de voir que notre complicité
était bien vivante, touchée de voir nos enfants ne pas se quitter de la soirée.
Bien ancrée dans le moment présent, j’ai pu savourer chaque seconde de ton
agréable présence, simplement, sans me laisser emporter par des scénarios
improbables, sans chavirer devant l’absurdité de la situation. J’ai pu
apprécier chaque regard, sans tenter de les provoquer, sans ressentir l’envie
irrépressible de t’attirer vers moi, même si je sais que tout ça dormait
quelque part entre nous deux.
Reste au petit matin, le défi de ne pas souhaiter qu’on puisse un jour multiplier les agréables rencontres, peu importe
le cadre, peu importe la façon dont pourrait exister à l’avenir ce fil que
j’affectionne tant. Reste malgré tout, au matin, le souhait sincère que tu
trouves la paix, peu importe qu’il y ait ou non, dans cette paix, de la place
pour notre lien.
11 août 2013
Histoire d'un royaume, la suite
Un jour, abandonnée par son chevalier Viking,
convoitée par plusieurs hommes du royaume, cible de propositions farfelues, la
princesse retourne dans sa tour. Confiante que celui qui la désirera réellement
dans toute son entièreté, trouvera le chemin jusqu’à son repaire.
Contrairement à ses retraites précédentes,
elle ne s’est pas barricadée. Elle n’a pas conçus de pièges complexes, ni fait
pousser de ronces. Elle s’est simplement suffisamment dissimulée pour que les
chevaliers insipides ne la voit pas ou se découragent, confiante que les chevaliers
dignes de ce nom connaîtront les sortilèges qui les guideront jusqu’à elle.
Elle ne s’est pas repliée sur elle, ni coupée
du monde. Bien ancrée dans son corps, elle est recueillie, centrée, elle prends
soin d’elle avec discipline. Le coeur ouvert, enracinée, elle est prête à
accueillir son prince et à lui laisser tout l’espace dont il a besoin pour se
transformer paisiblement en roi.
Contes: images 0 réactions de sujets
Inscription à :
Articles (Atom)