Je me suis déjà demandé s’il était possible que trop blessé, un cœur s’arrête définitivement d’aimer et que le corps, par solidarité, s’arrête de désirer.
J’affirmerais maintenant qu’il y a un nombre limite de blessures qu’un cœur peut supporter à l’intérieur d’une relation. Qu’une fois suffisamment blessé, l’amour perdure, alors que toute véritable relation devient impossible. Qu'au-delà d’un certain seuil de douleur, même la plus romantique et concrète des demandes en mariages, ne peut réparer cette cassure. Malgré l’envie toujours présente de se lier à cet autre cœur, le cœur brisé se voit dans l’obligation de faire son deuil, les multiples lacérations l’empêchant maintenant de faire confiance, de croire, de rêver à nouveau une issue heureuse. Le passé douloureux, trop lourd à porter, empêcherait le bonheur de prendre enfin son envol. La souffrance ancrée profondément dans les cellules cardiaques transformerait l’amoureuse parfaite en conjointe controlante, jalouse et insécure. Ce que le cœur ne peut se résoudre à accepter.
La résilience étant un concept parfois surprenant, reste à voir si une cour assidue et créative solidement ancrée sur des gestes concrets pourrait venir à bout de ce cœur tuméfié... Il faudrait que cet amour soit vraiment surnaturel...
1 avril 2009
Psychologie d'un coeur brisé
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24 mars 2009
Et si c'était simple ?
Il existe des situations intenses et chargées qu’on aurait envie d’adoucir en clarifiant, en répétant, que nos attentes sont toutes simples ; qu’on voudrait simplement qu’il ne soit qu’à nous, qu’on voudrait se fréquenter doucement, simplement, pas nécessairement plus souvent. Il est des moments où on voudrait répéter que ce n’est pas nécessaire de déménager ensemble ou de faire un enfant, qu’on pourrait simplement regarder passer la vie et voir où elle mène, qu’on souhaite simplement se fréquenter, en secret s’il le faut. Il arrive qu’on ait envie de crier dire qu’on comprend mal cette hésitation.
Mais ça ne serait pas honnête, puisqu’on sait l’ampleur de ce qui nous lie et l’ardeur de nos tempéraments, qu’on sait qu’une fois libérés d’elle nous plongerions intensément dans notre histoire et que cette idée est suffisante pour terroriser le plus courageux des mortels.
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27 février 2009
Ouvrir les yeux
Vient un temps dans la vie, où on perd ses illusions, où plus justement on accepte de cesser de s’en créer. On cesse de garder les yeux fermés et de s’inventer une réalité de peur de ne pas avoir la force d’assumer ce qui s’offre à nous. On se retrouve alors à vivoter, à éviter les grandes aventures de peur de perdre son chemin. En restant dans l’obscurité, on ne se rend pas compte qu’on reste en place. En vivant les yeux fermés, on maintient l’illusion qu’on est en sécurité et que rien ne peut nous arriver. Exactement comme un enfant fait disparaître les monstres sous son lit. On s’évite des heurts et des peurs, mais on y perd en sensations et en satisfactions.
En ouvrant les yeux, on s’assure que tout peut arriver et qu’on ne manquera rien. On accepte de suivre la nouvelle route en ne perdant rien du paysage, on ouvre grand les yeux et on les fixe sur l’horizon.
Ce phénomène s’applique parfaitement lorsqu’on fait l’amour. On peut garder les yeux fermés et se concentrer sur ses sensations. On évite les visions dérangeantes, les positions déroutantes les stimulis extérieurs, les grimaces de plaisirs du partenaire, on crée notre propre souvenir acceptable.
On peut aussi ouvrir les yeux, le plus grand possible, et se délecter de la vision de ce magnifique amant, épier son corps qui se fond au notre, sa peau, ses tatouages, ses bras, ses épaules, ses fesses, chaque parcelle de lui, chaque mouvement… Ouvrir grand les yeux et observer nos interactions, l’arrimage parfait de deux hanches, d’un sein et d’une bouche… Ouvrir les yeux et prendre le risque de surprendre son regard et de se perdre dans ses yeux.
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16 février 2009
Laisser mourir
Laisser mourir un amour est douloureux surtout quand il est réciproque et qu’il regorge de toutes les promesses du monde. Il est étonnant de voir comment deux être humains qui se vouent un amour profond peuvent arriver à systématiquement détruire tout ce qu’il y a de beau entre eux
Ce qui est si douloureux ce n’est pas de vivre sans l’autre, c’est de réaliser qu’on a réussi à tout gâcher, qu’à coup de peurs et de tergiversations on a transformé cette délectable sensation en une horrible impression de fin du monde, que la confiance et l’intimité si délicieusement partagées ne pourront plus jamais exister.
Dès lors, laisser mourir cet amour devient la seule option. Il ne reste plus qu’à plonger au plus profond du désespoir en espérant qu’il mène à l’oubli.
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10 février 2009
Par où ça fait peur
Nouvellement adepte du Trapèze volant, je réalise que pour réussir les mouvements, il faut aller « par où ça fait peur ». D’abord, dès le départ, le réflexe de survie commande de se cramponner à la plate-forme alors qu’on doit sauter dans le vide. Il faut ensuite combattre le réflexe qui dicte de garder la tête en haut pour lever les pieds dans les airs et basculer la tête vers la bas…puis lâcher les mains et s’élancer dans les airs. Se déplier au lieu de se crisper. C’est la seule façon de réussir le mouvement, mais aussi de ne pas se blesser.
Plus on retient le corps, plus on l’empêche de se déployer, plus on risque de se blesser. C’est la même chose dans la vie, plus on se retient plus on se blesse et plus on se blesse plus on se retient… Plus on résiste à quelque chose plus la peine est grande. Selon Jacques Salomé « Les peurs sont les nids où se cachent les désirs ». Lorsque que quelque chose nous fait peur, il faut aller dans cette direction. La peur est un guide vers le dépassement de soi, vers la croissance, la transformation. Ce ne sont pas les peurs qu’il faut combattre, mais plutôt notre réflexe d’y résister. Lorsque terrorisé par un événement, une émotion ou une sensation, plus de questions à se poser, à hep on saisi la barre et on saute.
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Momentum
Se pourrait-il que loin d’être uniquement une excuse pour les jeunes hommes incapables de s’engager, le timing existe vraiment ?
Que les trajectoires de deux individus se croisent durant un court laps de temps, rendant possible un mariage heureux mais qu’une fois ce moment de grâce écoulé, plus rien ne puisse y faire ?
Se pourrait-il même que l’irrépressible envie de tout mettre en commun avec une âme soeur s’évanouisse après une trop longue hésitation ?
Se pourrait-il que lorsqu’on arrête de se battre, qu’on accepte d’aimer, qu’on accepte de laisser aller les histoires compliqués, notre infini désir d’être avec l‘autre s’estompe assez pour remettre en question un éventuel retour en arrière et que la légèreté fasse un subit retour inattendu ?
Se pourrait-il après tout que l’amour ne soit que la rencontre au bon moment de deux timings semblables, qu’une infime période de grâce où deux étoiles filantes étaient au bon endroit en même temps ?
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5 janvier 2009
Doux désir
Bien présent de plusieurs façons, le désir fait indéniablement parti de nos vies. Lorsqu’évoqué, nos premières pensées se dirigent généralement vers le désir passionnel, celui qui nait instantanément d’un contact visuel ou d’un souvenir. Celui qui bouscule tout et renverse sans discernement ce qui se trouve sur son passage.
Pourtant, que dire de celui qui nait de la complicité, de la douce intimité partagée. De celui qui de câlins rassurants en caresses délicates se fraie lentement un chemin. De celui qui nous surprend un après-midi de tristesse dans les bras compatissants d’un être qui suscite généralement la force d’éros à la rapidité de l’éclair.
Comme une promesse que passion et douceur pourraient cohabiter et se conjuguer à l’infini si seulement…
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