18 juillet 2012

Les grands espaces

Pour certaines personnes,  le monde comporte deux catégories. Une où on retrouve des êtres humains extraordinaires mais confrontant de par leur magnificence et une où on retrouve les gens plates et inintéressants. Inutile de préciser que les relations interpersonnelles sont un combat de tous les instants. Les relations amoureuses passionnées et déchirantes. Avec le temps et beaucoup d’introspection, il est possible de transformer ce rapport à l’autre et d’adoucir les interactions.


Quel étonnement quand même, de croiser la route d’un homme qui s’est construit avec les grands espaces au point de les transporter avec lui et de les offrir à quiconque s’approche de lui. Pas une distance froide et repoussante, un espace vaste et accueillant avec suffisamment d’espace pour être soi-même, totalement soi-même. On peut presque entendre le vent et sentir le fleuve si on écoute bien cette force tranquille. À l’intérieur de ce vaste territoire, on n’entend pas les pensées de l’autre, on ne sent pas sa vibration, on ne devine pas les émotions. Tout a le temps de se déposer lentement et doucement.

En se remémorant cette rencontre si agréable et apaisante, on se surprend à avoir hâte au prochain moment où on pourra exister à deux un peu, le temps d’apprendre à se connaître. 

19 juin 2012

Le divan rouge

Quand je l’ai mis au chemin, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à TOI. Des milliers d’images sont remontées. Nos premières soirées passées à écouter un nombre déraisonnable d’épisodes d’une série télé. Un plan que je t’avais proposé en espérant que ça me donnerait l’espace nécessaire pour apprivoiser mes démons et te laisser conquérir mon coeur, tout en  m’assurant un minimum d’engagement. Chacun à notre extrémité, je me souviens m’être demandé si tu me désirais, alors que l’avenir allait nous prouver que oui. Tellement oui. J’ai repensé aux soirées suivantes passées à regarder beaucoup de débuts d’épisodes, à essayer de se rappeler, rendu au générique, à quel moment exactement on s’était empêtré dans les vêtements de l’autre. Je me suis aussi, évidement, souvenu de ces étreintes spontanées, interrompues par les pleurs des enfants encore si jeunes.


J’ai aussi laissé remonter les discussions intenses et déchirantes ainsi que les longs silences chargés, qui se terminaient parfois par une rencontre charnelle exquise, parfois par une baise triste, rarement par un départ abrupte. Je me suis revue assise en tailleur, face à TOI, cherchant inlassablement comment reprendre le fil, comment réparer notre départ manqué.


Puis je me suis arrêté à ce dernier moment passé au salon. Ce moment si fragile où je t’ai avoué avoir fait le deuil de faire le deuil. Où nous nous sommes lentement engagé vers le chemin de la guérison. Où j’ai senti que notre histoire arrivait à la fin d’un chapitre et que j’avais maintenant de la place pour un nouveau divan que je pourrais remplir de souvenirs heureux.

5 juin 2012

Il suffirait de presque rien

Peut-être 10 ou plutôt 15 années de moins... et pourtant ce qui nous unit est réel. Une force qui nous pousse l'un vers l'autre. Pas une attirance habituelle, pas celle qui pourrait nous pousser à former un couple, bien qu'au premier coup d'oeil on puisse s'y méprendre. Non, quelque chose de différent, de grand, de beau. Qui nous pose un défi gigantesque, celui de lui faire une place, de créer un espace pour le faire exister. Malgré les obstacles, grâce aux obstacles.

Nous ne nous embrasserons pas, même si l'idée nous effleurera. Je savourerai tes câlins maladroits d'homme-adolescent. Tu m'écouteras émerveillé, te parler de la vie, de l'amour. Je ferai une exception et j'accepterai docilement d'être ta muse. Puisque c'est dans l'ordre des choses que je t'inspire, que je te guide.

Complices, nous nous inspirerons et multiplierons les moments de bonheur. Je serai ravi de rencontrer ton amoureuse et bercerai probablement tes enfants. Tu épieras d'un oeil suspicieux mais approbateur les hommes qui partageront des morceaux de ma vie.

Et c'est ainsi que nous multiplierons les bonheurs, que nous les nourrirons de notre amour hors de l'ordinaire.

Pour le valeureux idéaliste ;o)

3 juin 2012

Les toiles d'araignées

La vie nous offre de beaux cadeaux. Entre autres, un déjeuner au petit matin avec LUI. Une minuscule heure volée à nos horaires hyperchargées, coinçée  entre un entrainement matinal et les obligations professionnelles. Un moment de quotidien,  un flottement endormi interrompu de douces et légères discussions. Le simple bonheur de commencer la journée ensemble.

En roulant vers le travail, le visage baigné par le soleil, une idée s'installe lentement. Malgré notre passé chaotique et les déchirements nombreux, on arrive maintenant  à exister dans un espace paisible. Un peu comme si on était en train de faire le ménage dans notre histoire et qu'on enlevait peu à peu les toiles d'araignées. Jamais un ménage du printemps n'aura fait naître un aussi beau sourire, ni permis de passer une journée avec le coeur aussi léger.

29 mai 2012

La comète

Il arrive à l'occasion qu'une comète croise notre trajectoire. Volante et lumineuse, la comète peut se présenter sous la forme d'un être humain. Un être flamboyant à l'énergie vibrante auprès duquel, étonnement, on ressent un vide sensoriel rassurant, où pour une fois, on ne se sent pas en danger, où on ne se sent pas envahi. Sa présence fait naître l'envie de se dépasser, d'être meilleure. Pas pour lui plaire, plutôt pour voir dans son reflet, dans ses yeux, une vision satisfaisante de soi-même.

 Le passage de la comète est de courte durée. Le temps de rallumer la flamme qui s’était éteinte, d’insuffler une nouvelle ouverture au cœur, de saupoudrer un peu de joie de vivre et elle disparait, poursuivant son inaccessible étoile. Sourire aux lèvres on reste là, reconnaissante envers l'univers qui nous aura permis de partager pour un moment, la route de cet être insaisissable. Malgré qu'on ait tant souhaité  le toucher, le serrer contre soi ou simplement l’effleurer du bout des doigts, on garde le cœur ouvert, prête à profiter de ce que la vie nous réserve de beau.

Merci, juste merci à toi. Namaste (de ta lumière à ma lumière)

18 mai 2012

La crise


La crise empire. La démocratie agonise. Que de tristesse pour un coeur d’humaniste idéaliste. Comme si cette douleur n’était pas suffisante, le contexte social actuel ravive la solitude, le manque, l’envie… L’envie d’un homme…

Un homme avec des mains apaisantes, qui peut tenir la vôtre pendant les manifestations et ainsi vous permettre de contenir votre peur ou encore,  les poser sur vos épaules pour vous rassurer, vous consoler lorsque l’horreur de la situation fait monter les sanglots.

Un homme au torse accueillant et aux larges épaules, qui peut accueillir votre crise de petite fille hystérique, causée par un trop plein d’impuissance.

Un homme à l’oreille attentive, qui peut entendre votre argumentation, votre exaspération, votre émotion. Avec une bouche capable de prononcer des milliers de mots avec cohérence, ou de chuchoter pour vous apaiser.

Un homme capable aussi de laisser aller la crise et la démesure du moment, vers un espace intime, où il sera possible, pour un instant, d’exprimer l’indiscible et de trouver l’apaisement. Où ses mains glisseront habilement sur votre corps dans une harmonie divine, forcant avec douceur l’abandon. Où son torse et ses épaules vous sembleront une terre d’asile remplie de promesses de plaisirs. Où son oreille pourra se délecter de vos pleurs transformés en gémissements de plaisir. Où sa bouche pourra se perdre dans votre cou et s’unir à la vôtre, ne vous laissant qu’une avenue possible : s’évader dans un moment présent exquis. 

Pour F la collègue extrémiste de gauche ;o) Comme suite à notre discussion.

20 avril 2012

Le célibat : l'envers de la médaille

Plusieurs personnes glorifient le célibat. C'est tellement merveilleux de pouvoir faire des choix uniquement pour soi, de décider ce qu'on va manger, quelle émissions de télé on va regarder, de n'attendre après personne pour réaliser des projets. En plus, si on a pris soin de se constituer un réseau d'ami(e)s précieux, qu'est-ce qui manque hein ?

 En fait, ce qui manque, c'est une présence quotidienne, par défaut. Quelqu'un qui se demande qu'est-ce qu'on mange pour souper, si on a passé une bonne journée, si on a envie d'aller au Costco dimanche... euh... non quand même ;o) Quelqu'un qui est là les soirs où, de retour du travail on n'a ni envie de rester seule, ni envie de se motiver pour faire quelque chose, sortir. Quelqu'un qui peut nous faire un câlin quand on a l'impression que notre société prend un bien mauvais tournant ou quand la famille s'effondre.

 Les amitiés sont infiniment précieuses, rien ne peut les égaler. Mais les ami(e)s ont une vie à eux. Ils ne sont pas toujours disponibles ni pour partager ces banals moments ni pour les crises. Ils sont occupés à être dans leur vie. Celle qu'ils ont crée avec leur amoureux ou avec leur famille. Et on ne peut que se réjouir de leur bonheur.

 Et c'est ainsi qu'on se retrouve seule le soir, à pleurer sur le sort du monde et à essayer de se faire accroire que des ami(e)s c'est bien mieux que la famille ou qu'un amoureux.