18 mai 2012

La crise


La crise empire. La démocratie agonise. Que de tristesse pour un coeur d’humaniste idéaliste. Comme si cette douleur n’était pas suffisante, le contexte social actuel ravive la solitude, le manque, l’envie… L’envie d’un homme…

Un homme avec des mains apaisantes, qui peut tenir la vôtre pendant les manifestations et ainsi vous permettre de contenir votre peur ou encore,  les poser sur vos épaules pour vous rassurer, vous consoler lorsque l’horreur de la situation fait monter les sanglots.

Un homme au torse accueillant et aux larges épaules, qui peut accueillir votre crise de petite fille hystérique, causée par un trop plein d’impuissance.

Un homme à l’oreille attentive, qui peut entendre votre argumentation, votre exaspération, votre émotion. Avec une bouche capable de prononcer des milliers de mots avec cohérence, ou de chuchoter pour vous apaiser.

Un homme capable aussi de laisser aller la crise et la démesure du moment, vers un espace intime, où il sera possible, pour un instant, d’exprimer l’indiscible et de trouver l’apaisement. Où ses mains glisseront habilement sur votre corps dans une harmonie divine, forcant avec douceur l’abandon. Où son torse et ses épaules vous sembleront une terre d’asile remplie de promesses de plaisirs. Où son oreille pourra se délecter de vos pleurs transformés en gémissements de plaisir. Où sa bouche pourra se perdre dans votre cou et s’unir à la vôtre, ne vous laissant qu’une avenue possible : s’évader dans un moment présent exquis. 

Pour F la collègue extrémiste de gauche ;o) Comme suite à notre discussion.

20 avril 2012

Le célibat : l'envers de la médaille

Plusieurs personnes glorifient le célibat. C'est tellement merveilleux de pouvoir faire des choix uniquement pour soi, de décider ce qu'on va manger, quelle émissions de télé on va regarder, de n'attendre après personne pour réaliser des projets. En plus, si on a pris soin de se constituer un réseau d'ami(e)s précieux, qu'est-ce qui manque hein ?

 En fait, ce qui manque, c'est une présence quotidienne, par défaut. Quelqu'un qui se demande qu'est-ce qu'on mange pour souper, si on a passé une bonne journée, si on a envie d'aller au Costco dimanche... euh... non quand même ;o) Quelqu'un qui est là les soirs où, de retour du travail on n'a ni envie de rester seule, ni envie de se motiver pour faire quelque chose, sortir. Quelqu'un qui peut nous faire un câlin quand on a l'impression que notre société prend un bien mauvais tournant ou quand la famille s'effondre.

 Les amitiés sont infiniment précieuses, rien ne peut les égaler. Mais les ami(e)s ont une vie à eux. Ils ne sont pas toujours disponibles ni pour partager ces banals moments ni pour les crises. Ils sont occupés à être dans leur vie. Celle qu'ils ont crée avec leur amoureux ou avec leur famille. Et on ne peut que se réjouir de leur bonheur.

 Et c'est ainsi qu'on se retrouve seule le soir, à pleurer sur le sort du monde et à essayer de se faire accroire que des ami(e)s c'est bien mieux que la famille ou qu'un amoureux.

11 avril 2012

Le prince charmant

On condame actuellement la quête au prince charmant. Il faut grandir, être raisonnable et oublier pour toujours l'idée qu'un jour, un homme rendra notre vie plus belle, plus riche. Les femmes qui s'entêtent dans cette quête sont perçues comme des fillettes refusant de grandir. Pourtant, on a tous dans notre entourage au moins un couple inspirant. Et des couples désespérants... Du coup, rêver fait partie de la solution. En souhaitant ardemment rencontrer un être extraordinaire, on se donne la chance de vivre quelque chose de grand, de beau, de simple et on s'évite bien des histoires décevantes.

L'erreur qu'on fait ne se situe pas dans le fait de cultiver l'espoir mais dans le choix des critères. Tout ce qui a trait à l'apparence physique, au revenu, à l'occupation, aux hobby relève fort probablement du critère superflu. C'est de ces critères que l'on doit arriver à se débarrasser, pas du rêve de vivre une relation à la hauteur de nos aspirations. Non, personne ne pourra du jour au lendemain faire de notre vie un conte de fée. Mais il existe quelqu'un dans l'univers capable d'embellir le quotidien.

Ouvrir notre coeur et laisser les gens qui nous entourent nous faire sentir notre valeur et notre unicité, fait certainement partie des possibles chemins à suivre. Réfléchir réalistement et honnêtement à nos critères aussi. Et si on se pratiquait ensemble ? Un homme authentique, clair, ouvert, respectueux, fonceur, en mouvement, amoureux, capable de poser des gestes simplement et de les assumer, qui touche le coeur sans envahir, qui arrive à poser sur vous un regard qui fait sentir femme. Quoi d'autres? Commençons avec ça pour voir...;o)


Merci à K. La collègue pour l'inspiration.

17 janvier 2012

Amnésie

J’ai effacé tous tes courriels. Sans les relire. Ça me permet de magnifier notre histoire, de me complaire dans une mer de possibilités toutes aussi absurdes les unes que les autres. J’ai effacé tous tes courriels. Je peux réinventer leur contenu et baigner dans un mélange de mots rêvés et réels sans pouvoir dissocier le vrai du faux. J’ai effacé tes courriels, c’est plus facile d’oublier le désistement inattendu, les mots vides, la lâcheté. J’ai trié mes souvenirs. Je n’ai gardé que ceux qui me transportent. Tes mains serrant les miennes et ton ravissement face à mes soupirs spontanés, à mon cou qui s’inclinait automatiquement pour accueillir les baisers les plus fantastiques de l’univers. J’ai trié mes souvenirs, je m’accroche à la fluidité de nos échanges, à la facilité avec laquelle tu as gagné ma confiance pourtant profondément ébranlée, à la douceur avec laquelle tu as atteint mon cœur. J’ai trié mes souvenirs, j’ai jeté les hésitations, les doutes, la fuite. J’ai oublié que tout ça n’avait duré que 4 rencontres, 3 semaines et près de 25 courriels. Je peux maintenant m’enrouler dans cette histoire comme dans un linceul et déclarer à qui veut l’entendre que c’était la dernière chance que je donnais à l’amour.

20 décembre 2011

Temps emprunté

Il existe des relations dont la satisfaction oscille constamment entre le pour et le contre. Tel un équilibriste, elle respire sur un fil de fer et bascule sans cesse de la colonne plus à la colonne moins. Les jours se succèdent, les points positifs restent positifs mais les bémols grandissent et font de plus en plus ombrage aux rencontres frôlant pourtant la perfection. Malgré le délice des moments partagés, une idée fraie son chemin, lentement mais très certainement.

Difficile de mettre le doigt sur ce qui nourrit cette idée. Est-ce justement la mouvance chaotique de cette histoire ou encore l’entêtement à hisser des murs rassurants qui limitent définitiment toute expansion possible ? Impossible à trancher pour l’instant. Étonnement, cette alliance surprenante aurait tout ce qu’il faut pour grandir et générer des quantités de bonheurs et de plaisirs appréciables si elle ne s’enfermait pas elle-même dans un lieu gorgé de liberté et de délices, étouffant à cause de son exiguïté.

En attendant que l’idée de la fin remplisse totalement le peu d’espace disponible et fasse suffoquer cette éphémère histoire, on profite intensément sans pouvoir toutefois s’empêcher de penser que ça a beau être du très beau temps emprunté, ça reste du temps emprunté…

8 décembre 2011

Amour cosmique

Il existe des amours transcendants, fulgurants, tellement forts qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’ils ont déjà existés dans une autre dimension, un autre espace temps. Une rencontre subite, l’impression que le temps d’arrête, l’impression qu’on reconnait l’autre, une connexion instantanée, un désir démesuré.

Certains êtres passent une partie de leur vie à rechercher cet amour, à combler ce vide, à tenter de rassasier ce souvenir flou. Peu importe leur entourage qui tente de leur faire comprendre qu’il ne s’agit que d’un rêve, une illusion, un mirage, qui ne peut exister dans la réalité et que poursuivre cette quête ne peut qu’être dommageable pour eux.

Dans de rares cas, les astres s’aligneront suffisamment précisément pour permettre à cet amour éternel de s’ancrer au quotidien. La plupart du temps, les trajectoires se croiseront délicieusement et douloureusement, faisant naître une relation impossible et déchirante qui, malgré l’immensité des sentiments, ne pourra s’inscrire dans la durée.

Si certains rêveurs choisissent d’attendre un autre amour plus grand que nature et refusent de s’investir à nouveau, consommant ainsi une succession de corps sans jamais ouvrir leur cœur, ni partager les petits bonheurs de la vie à deux. D’autres seront soulagés de constater qu’ils n’étaient pas fous, que ce dont ils rêvaient pouvait exister et que le sentiment de vide était réel. Avec la certitude d’avoir enfin trouvé, ils pourront abandonner leurs recherches sans se trahir. Délivrés du poids de cette quête, malgré la tristesse omniprésente, ils seront en mesure de planter leurs racines dans la terre mère et de s’investir entièrement dans une relation paisible, tendre, simple, belle, remplie de plaisir et d’amour… même…

5 décembre 2011

Équilibre

La ligne qui sépare l’amoureux de l’amant est mince. L’amant de qualité je veux dire. L’amant totalement détaché, distant qui n’offre que son corps et qui consomme rapidement et froidement le nôtre m’apparait dénué d’intérêt. C’est quand les cœurs s’ouvrent, même minimalement, et que les âmes se rencontrent, que les peaux peuvent se mélanger et propulser le plaisir à l’infini.

« Mon cœur, je sais ce que je veux. Je veux un amoureux attentionné, présent au quotidien dans toutes les sphères de ma vie. Un amoureux qui se meure de passer chaque minute de libre avec moi. Un amoureux qui sait préserver son individualité malgré la proximité. Un amoureux avec qui bien sûr, la connexion physique est extraordinaire. Je ne crois pas présentement que tu puisses combler ce rôle. Je ne crois pas que tu le veuilles. Je ne pense pas le souhaiter. Mais quand ma peau se fond dans la tienne, il m’arrive d’y rêver. »

Les mystères étant ce qu’ils sont, on ne saura probablement jamais pourquoi, certaines histoires ne pourront jamais s’ancrer au quotidien, malgré la quasi perfection des moments partagés. Il ne reste alors qu’à rester immobile et à respirer profondément pour ne pas perdre l’équilibre.