12 août 2012

La trahison

Alors que, depuis des semaines,  on casse les oreilles à qui veut bien l’entendre qu’il est "tellement"  et que c’est "si différent", et qu’on a  "incroyablement hâte"  à la prochaine rencontre et blabla bla. Il arrive souvent qu’on trébuche et qu’on tombe ( ou qu’on se jette, c’est selon) dans les bras et sur les lèvres d’un autre homme. Cet événement reste souvent un secret bien gardé, mais il suffit d’être attentif et de bien écouter les récits des amies pour se rendre compte de sa fréquence.  Sabotage ? Manifestation de notre incapacité à choisir le bonheur. Peut-être.


Mais :

Peut-être s’agit-il d’une façon de fermer une histoire, pour offrir encore plus d’espace au nouveau venu si prometteur. Ou une occasion de réfléchir à notre désir réel de fermer cette histoire.

Peut-être est-ce une maladroite tentative de se protéger d’un échec potentiel, de se faire croire (ou encore valider) que nous ne sommes pas totalement plongée dans cette histoire.

Peut-être pour ressentir la culpabilité et pouvoir plus facilement et naturellement être fidèle lorsque la relation sera officielle.

Peut-être pour s’assurer que si nous faisons le choix de nous engager dans une relation sérieuse ce sera par choix véritable et non pas par dépit ou par un désir plus grand que la réalité d’être en relation. Un peu comme si l’univers nous offrait un comparatif.

Reste que cet événement n’arrive certainement pas pour rien, et que le défi réside dans la capacité à comprendre ce que cette expérience cherche à nous apprendre. Ce qui ne nous empêche en rien de profiter du sourire béat que cette rencontre impromptue nous procure.

C’est donc avec beaucoup de curiosité, mais un regard différent, qu’on aborde la rencontre suivante. Et ce n’est pas nécessairement plus mal.

9 août 2012

Moment présent

Pour mon amie F... comme suite à notre discussion...


Fou comme on sent le besoin de caser les choses. Un mot pour chaque objet, un titre pour chaque personne. Même les nouvelles relations y passent. On en vient parfois presque, à faire signer un contrat au Nomade qui a à peine pointé le bout du nez dans notre vie. Pourtant, lors des premières rencontres, il est impossible de prévoir la suite. On peut réfléchir à ce qu’on veut, à ce qu’on ne veut pas, à nos limites. Mais ensuite, bien malin qui pourra prédire ce qui émergera d’une nouvelle rencontre.

Reste à se poser une question toute simple : « ai-je envie de m’approcher encore ». Plusieurs déclinaisons sont possibles : « ai-je envie de le revoir » « ai-je envie de le connaître plus ? » Mais au final, on revient à la même question : « ai-je envie de m’approcher ? » Bien sûr cela implique de s’ouvrir à l’inconnu, de prendre des risques. Le risque que l’autre personne ne soit pas au même endroit que nous, n’ait pas les mêmes attentes mais aussi le risque d’emprunter une autre trajectoire que celle prévue, le risque de se transformer au contact de l’autre. « L’amour nécessite qu’on prenne une chance » dit toujours ma belle amie E.

Si l’on décide de ne pas tout caser dès le début, si on prend notre courage à deux mains et qu’on accepte de prendre les rencontres une à une, une grande partie de la solution réside dans la capacité à habiter le moment présent, à ne pas se perdre en prédictions et en planifications. On peut alors savourer chaque seconde de chaque rencontre et observer quelle place prend naturellement cette nouvelle personne dans notre vie. On peut continuer d’apprécier notre vie « d’avant », celle qu’on a minutieusement crée et ainsi laisser doucement les choses se transformer sans sentir la panique nous envahir parce que les choses basculent du jour au lendemain.

Plus facile à dire qu’à faire ? Certainement ! S’ancrer dans le moment présent n’empêche pas d’avoir hâte au prochain moment présent partagé ni de souhaiter que dans son moment présent à lui, s’immisce l’idée de notre absence, l’envie de faire des pas vers ce nous malgré tout rêvé.

18 juillet 2012

Les grands espaces

Pour certaines personnes,  le monde comporte deux catégories. Une où on retrouve des êtres humains extraordinaires mais confrontant de par leur magnificence et une où on retrouve les gens plates et inintéressants. Inutile de préciser que les relations interpersonnelles sont un combat de tous les instants. Les relations amoureuses passionnées et déchirantes. Avec le temps et beaucoup d’introspection, il est possible de transformer ce rapport à l’autre et d’adoucir les interactions.


Quel étonnement quand même, de croiser la route d’un homme qui s’est construit avec les grands espaces au point de les transporter avec lui et de les offrir à quiconque s’approche de lui. Pas une distance froide et repoussante, un espace vaste et accueillant avec suffisamment d’espace pour être soi-même, totalement soi-même. On peut presque entendre le vent et sentir le fleuve si on écoute bien cette force tranquille. À l’intérieur de ce vaste territoire, on n’entend pas les pensées de l’autre, on ne sent pas sa vibration, on ne devine pas les émotions. Tout a le temps de se déposer lentement et doucement.

En se remémorant cette rencontre si agréable et apaisante, on se surprend à avoir hâte au prochain moment où on pourra exister à deux un peu, le temps d’apprendre à se connaître. 

19 juin 2012

Le divan rouge

Quand je l’ai mis au chemin, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à TOI. Des milliers d’images sont remontées. Nos premières soirées passées à écouter un nombre déraisonnable d’épisodes d’une série télé. Un plan que je t’avais proposé en espérant que ça me donnerait l’espace nécessaire pour apprivoiser mes démons et te laisser conquérir mon coeur, tout en  m’assurant un minimum d’engagement. Chacun à notre extrémité, je me souviens m’être demandé si tu me désirais, alors que l’avenir allait nous prouver que oui. Tellement oui. J’ai repensé aux soirées suivantes passées à regarder beaucoup de débuts d’épisodes, à essayer de se rappeler, rendu au générique, à quel moment exactement on s’était empêtré dans les vêtements de l’autre. Je me suis aussi, évidement, souvenu de ces étreintes spontanées, interrompues par les pleurs des enfants encore si jeunes.


J’ai aussi laissé remonter les discussions intenses et déchirantes ainsi que les longs silences chargés, qui se terminaient parfois par une rencontre charnelle exquise, parfois par une baise triste, rarement par un départ abrupte. Je me suis revue assise en tailleur, face à TOI, cherchant inlassablement comment reprendre le fil, comment réparer notre départ manqué.


Puis je me suis arrêté à ce dernier moment passé au salon. Ce moment si fragile où je t’ai avoué avoir fait le deuil de faire le deuil. Où nous nous sommes lentement engagé vers le chemin de la guérison. Où j’ai senti que notre histoire arrivait à la fin d’un chapitre et que j’avais maintenant de la place pour un nouveau divan que je pourrais remplir de souvenirs heureux.

5 juin 2012

Il suffirait de presque rien

Peut-être 10 ou plutôt 15 années de moins... et pourtant ce qui nous unit est réel. Une force qui nous pousse l'un vers l'autre. Pas une attirance habituelle, pas celle qui pourrait nous pousser à former un couple, bien qu'au premier coup d'oeil on puisse s'y méprendre. Non, quelque chose de différent, de grand, de beau. Qui nous pose un défi gigantesque, celui de lui faire une place, de créer un espace pour le faire exister. Malgré les obstacles, grâce aux obstacles.

Nous ne nous embrasserons pas, même si l'idée nous effleurera. Je savourerai tes câlins maladroits d'homme-adolescent. Tu m'écouteras émerveillé, te parler de la vie, de l'amour. Je ferai une exception et j'accepterai docilement d'être ta muse. Puisque c'est dans l'ordre des choses que je t'inspire, que je te guide.

Complices, nous nous inspirerons et multiplierons les moments de bonheur. Je serai ravi de rencontrer ton amoureuse et bercerai probablement tes enfants. Tu épieras d'un oeil suspicieux mais approbateur les hommes qui partageront des morceaux de ma vie.

Et c'est ainsi que nous multiplierons les bonheurs, que nous les nourrirons de notre amour hors de l'ordinaire.

Pour le valeureux idéaliste ;o)

3 juin 2012

Les toiles d'araignées

La vie nous offre de beaux cadeaux. Entre autres, un déjeuner au petit matin avec LUI. Une minuscule heure volée à nos horaires hyperchargées, coinçée  entre un entrainement matinal et les obligations professionnelles. Un moment de quotidien,  un flottement endormi interrompu de douces et légères discussions. Le simple bonheur de commencer la journée ensemble.

En roulant vers le travail, le visage baigné par le soleil, une idée s'installe lentement. Malgré notre passé chaotique et les déchirements nombreux, on arrive maintenant  à exister dans un espace paisible. Un peu comme si on était en train de faire le ménage dans notre histoire et qu'on enlevait peu à peu les toiles d'araignées. Jamais un ménage du printemps n'aura fait naître un aussi beau sourire, ni permis de passer une journée avec le coeur aussi léger.

29 mai 2012

La comète

Il arrive à l'occasion qu'une comète croise notre trajectoire. Volante et lumineuse, la comète peut se présenter sous la forme d'un être humain. Un être flamboyant à l'énergie vibrante auprès duquel, étonnement, on ressent un vide sensoriel rassurant, où pour une fois, on ne se sent pas en danger, où on ne se sent pas envahi. Sa présence fait naître l'envie de se dépasser, d'être meilleure. Pas pour lui plaire, plutôt pour voir dans son reflet, dans ses yeux, une vision satisfaisante de soi-même.

 Le passage de la comète est de courte durée. Le temps de rallumer la flamme qui s’était éteinte, d’insuffler une nouvelle ouverture au cœur, de saupoudrer un peu de joie de vivre et elle disparait, poursuivant son inaccessible étoile. Sourire aux lèvres on reste là, reconnaissante envers l'univers qui nous aura permis de partager pour un moment, la route de cet être insaisissable. Malgré qu'on ait tant souhaité  le toucher, le serrer contre soi ou simplement l’effleurer du bout des doigts, on garde le cœur ouvert, prête à profiter de ce que la vie nous réserve de beau.

Merci, juste merci à toi. Namaste (de ta lumière à ma lumière)