19 janvier 2013

Les grands espaces ( prise 2)


Certaines rencontres sont comme des voyages. Si on ne s'en aperçoit pas au début, lorsque le Viking se sent prêt à reprendre la route, on découvre qu’une partie de notre tristesse est liée au fait qu’en même temps que sa nouvelle aventure commence, la nôtre prend fin.

La réalité qui se transforme, la découverte d’une nouvelle culture, d’une nouvelle façon de voir la vie doublées du sentiment d’être chez soi. Le sentiment d’irréalité, les peurs qu’on affronte, les questions qui émergent. Le sens qu’on donne à sa vie qui évolue. L’espace qui s’étire plus grand que ce qu’on aura pensé possible. Autant d’exemples qui confirment que sans prendre l’avion, on a vécu tout un périple et qu’incontestablement on en ressort transformée.

Reste l’envie des voyages, l’envie de s’ouvrir au monde et la délicieuse sensation d’avoir enfin ouvert son coeur en plus de respirer plus profondément que jamais.

Difficile de dire si l’envie de connaître de nouvelles contrées sac au dos est plus attirante que de revisiter ces grands espaces, mais les minutes sont comptées avant de se lancer dans une ou l’autre des ces aventures. Et maintenant que les rêves semblent pouvoir se réaliser, le fantasme absolu est maintenant de partir sac au dos, accompagnée du Viking et de son immensité. 

23 septembre 2012

Cette voix

Plusieurs aspects peuvent nous séduire. Souvent oubliée, la voix en est un incontournable. Je garde en souvenir des extraits de nos conversations, que je repasse pour en savourer les intonations. Des phrases toutes simples, banales même, que je me répète pour savourer la rondeur, la souplesse et l'inclinaison de cette voix qui me donne l'impression de se moduler particulièrement pour mieux toucher mon coeur. Cette voix qui sonne à mes oreilles comme la plus douce des mélodies, même si l'homme à laquelle elle appartient, est loin d'être un musicien. De la même façon qu'un regard ou une caresse peut nous porter, ces souvenirs auditifs adoucissent les journées plus difficiles.


Toi qui n'aime pas la musique, j'aurais envie d'user ma voix pour te bercer et toucher ton coeur. Assez doucement pour ne pas t'effrayer, assez fermement pour chasser le brouillard et t'avoir à mes côtés. Je crois bien que je commencerais par cette chanson :

10 septembre 2012

La rentrée


Il arrive dans la vie qu’on soit surprise par une soudaine effervescence. Comme si subitement les choses se mettaient à bouger simultanément laissant entrevoir plusieurs chemins tous plus chargés d’espoir les uns que les autres. On accepte alors de jouer le jeu, on laisse nos principes et nos barrières de côté et on se jette naïvement dans cette succession de moments présents. On s’étonne de sourire autant et de se sentir si légère. Et si enfin la vie avait pris le chemin de la douceur et de la simplicité ? Et si enfin, on allait pouvoir continuer notre route sans ce douloureux sentiment de solitude.

Alors qu’on commence à peine à s’habituer à ce nouvel état d’esprit, subitement tous les chemins se remplissent de brouillard, l’espoir s’envole et la vie reprend son cours habituel. Par réflexe, on reprend cette routine qu’on connait si bien, mais la solitude qui était devenue une amie fidèle pèse un peu plus lourd cette année. Visiblement, c’est la rentrée.

9 septembre 2012

Le fil

Là dans mon dos, sans t’avoir vu, j’ai senti ton arrivée. Puis j’ai entendu ta voix au loin. Je n’ai pas osé me retourner. Je savais déjà qu’un fil venait de naître entre nous. J’ai voulu tisser ce fil et le transformer en certitude beaucoup trop vite, convaincu que j’étais du bonheur qui nous attendait. Tu m’avais assuré qu’il y avait un filet sous nos pieds, et que malgré l’impression que j’avais de voler très haut je n’aurais pas mal. J’ai omis de m’attacher et c’est au contact du sol que j’ai compris l’ampleur de mon attachement à toi. Blessée, j’ai arraché le fil qui tenait à mon coeur d’un coup sec, ne ménageant pas les dégâts. J’ai constaté l’immense place qu’il  occupait déjà, en mesurant l’amplitude du vide qui se trouvait maintenant là, juste au milieu de mon coeur.

Puis le temps a passé, 4 saisons se sont succédées et je me suis habituée à respirer par ce trou béant. J’ai cru sincèrement que j’étais guéri, que tu me laisserais indifférente à l’avenir. Au moment où ton regard a croisé le mien j’ai su qu’il n’en était rien. J’ai senti raisonner au plus profond de mon être ce fil qui nous liait toujours. La douleur n’est plus aussi lancinante puisqu’il est maintenant possible de laisser exister ce fil. Minimalement, doucement, imperceptiblement. Reste à souhaiter qu’un jour nous pourrons le tisser sans nous blesser.

13 août 2012

Je sais pas bon

À la seconde où vous vous êtes embrassés, vous auriez souhaité qu’il vous raconte en détail, chaque pensée vous concernant, qui a traversé son esprit, à partir du moment où il vous a aperçu. Vous auriez aussi voulu savoir, ce qu’il voulait, ce qu’il attendait de vous. Ce qui allait vous arriver.

Dans l’attente d’une rencontre subséquente,  vous avez scruté vos courriels. Frénétiquement, compulsivement, des milliers de fois par jour dans l’attente d’une déclaration claire. D’une explication minutieuse des sentiments et sensations qui vous reliaient un à l’autre. Ben tsé, s’il fallait que vous vous attachiez ?? Il vous plait déjà beaucoup. Vous avez peur de l’abandon. Une fille se protège.
Or, se pourrait-il, que dans ses mots, ce soit la confirmation de vos propres sentiments que vous attendiez ? Que le vertige que vous éprouvez ne soit pas du à l’ignorance de ce que ressent/souhaite cet homme. Que vous n’ayez aucune idée de ce que vous souhaitez et que dans un effort pour faire taire vos doutes vous projetiez vos questionnements sur lui ?
Et si vous essayiez d’assumer simplement l’incertitude ? Et si c’était correct de ne pas savoir. Et si la voie à suivre était simplement de prendre une rencontre à la fois, une journée à la fois, une respiration à la fois ? Et si on apprenait à écouter ce que son corps a à vous dire ? Et si on profitait de chaque journée avec ou sans message ? Et si on attendait la prochaine invitation pour simplement décider si on a envie d’y aller ? Si on a encore envie de l’embrasser ? Et si, pour faire changement, on se berçait dans le moment présent ?

Et si on acceptait de ne pas savoir ??

12 août 2012

La trahison

Alors que, depuis des semaines,  on casse les oreilles à qui veut bien l’entendre qu’il est "tellement"  et que c’est "si différent", et qu’on a  "incroyablement hâte"  à la prochaine rencontre et blabla bla. Il arrive souvent qu’on trébuche et qu’on tombe ( ou qu’on se jette, c’est selon) dans les bras et sur les lèvres d’un autre homme. Cet événement reste souvent un secret bien gardé, mais il suffit d’être attentif et de bien écouter les récits des amies pour se rendre compte de sa fréquence.  Sabotage ? Manifestation de notre incapacité à choisir le bonheur. Peut-être.


Mais :

Peut-être s’agit-il d’une façon de fermer une histoire, pour offrir encore plus d’espace au nouveau venu si prometteur. Ou une occasion de réfléchir à notre désir réel de fermer cette histoire.

Peut-être est-ce une maladroite tentative de se protéger d’un échec potentiel, de se faire croire (ou encore valider) que nous ne sommes pas totalement plongée dans cette histoire.

Peut-être pour ressentir la culpabilité et pouvoir plus facilement et naturellement être fidèle lorsque la relation sera officielle.

Peut-être pour s’assurer que si nous faisons le choix de nous engager dans une relation sérieuse ce sera par choix véritable et non pas par dépit ou par un désir plus grand que la réalité d’être en relation. Un peu comme si l’univers nous offrait un comparatif.

Reste que cet événement n’arrive certainement pas pour rien, et que le défi réside dans la capacité à comprendre ce que cette expérience cherche à nous apprendre. Ce qui ne nous empêche en rien de profiter du sourire béat que cette rencontre impromptue nous procure.

C’est donc avec beaucoup de curiosité, mais un regard différent, qu’on aborde la rencontre suivante. Et ce n’est pas nécessairement plus mal.

9 août 2012

Moment présent

Pour mon amie F... comme suite à notre discussion...


Fou comme on sent le besoin de caser les choses. Un mot pour chaque objet, un titre pour chaque personne. Même les nouvelles relations y passent. On en vient parfois presque, à faire signer un contrat au Nomade qui a à peine pointé le bout du nez dans notre vie. Pourtant, lors des premières rencontres, il est impossible de prévoir la suite. On peut réfléchir à ce qu’on veut, à ce qu’on ne veut pas, à nos limites. Mais ensuite, bien malin qui pourra prédire ce qui émergera d’une nouvelle rencontre.

Reste à se poser une question toute simple : « ai-je envie de m’approcher encore ». Plusieurs déclinaisons sont possibles : « ai-je envie de le revoir » « ai-je envie de le connaître plus ? » Mais au final, on revient à la même question : « ai-je envie de m’approcher ? » Bien sûr cela implique de s’ouvrir à l’inconnu, de prendre des risques. Le risque que l’autre personne ne soit pas au même endroit que nous, n’ait pas les mêmes attentes mais aussi le risque d’emprunter une autre trajectoire que celle prévue, le risque de se transformer au contact de l’autre. « L’amour nécessite qu’on prenne une chance » dit toujours ma belle amie E.

Si l’on décide de ne pas tout caser dès le début, si on prend notre courage à deux mains et qu’on accepte de prendre les rencontres une à une, une grande partie de la solution réside dans la capacité à habiter le moment présent, à ne pas se perdre en prédictions et en planifications. On peut alors savourer chaque seconde de chaque rencontre et observer quelle place prend naturellement cette nouvelle personne dans notre vie. On peut continuer d’apprécier notre vie « d’avant », celle qu’on a minutieusement crée et ainsi laisser doucement les choses se transformer sans sentir la panique nous envahir parce que les choses basculent du jour au lendemain.

Plus facile à dire qu’à faire ? Certainement ! S’ancrer dans le moment présent n’empêche pas d’avoir hâte au prochain moment présent partagé ni de souhaiter que dans son moment présent à lui, s’immisce l’idée de notre absence, l’envie de faire des pas vers ce nous malgré tout rêvé.