26 juin 2013

Viking posthume 3 de 5 : La sécurité


Un des bons côtés à partager son coeur, c’est de se sentir en sécurité. Une fois que le chevalier a retrouvé sa princesse dans sa tour, non seulement elle devient une reine mais elle acquiert aussi un sentiment de sécurité. D’abord à cause de la présence de son roi. Mais aussi parce qu’en protégeant sa reine, le roi  lui insuffle aussi le courage de se dépasser, de devenir plus forte. La reine en devenir se surprend donc, en l’absence de l’élu de son coeur, à braver de nouveaux dangers, à relever de nouveaux défis. Que ce soit de s’ouvrir et de créer des liens avec des inconnus, de lancer de nouveaux projets de vie sans filet ou simplement de recommencer à marcher en forêt ou d’ébouillanter des homards vivants pour la première fois.  Notre princesse en résidence sent le courage parcourir ses veines. S’il s’agit d’un cadeau transmis par l’énergie de son chevalier, l’effet bénéfique de la certitude que maintenant, avec lui, elle pourra toujours être vulnérable, y est pour beaucoup.

Ajout : ce qui est encore plus beau dans tout ça, c’est qu’une fois le chevalier reparti combattre ses dragons qui l’ont finalement rattrapé, la princesse sent toujours le courage l’habiter. Quel bel héritage!

25 juin 2013

Viking posthume 2 de 5 : Le désir


Il existe plusieurs sortes de désir. On est généralement familier avec le désir instantané, celui qui nait d’une étincelle, d’une image, d’une pensée et qui rapidement prend toute la place dans notre corps. Celui qui demande à être assouvi rapidement. Ce désir flamboyant nous transporte, nous fait perdre contact avec la réalité pendant un instant, nous transperce comme une flèche.

Mais on sous-estime le désir qui éclot lentement. Celui qui nait d’un regard discret, qui se fraie un chemin jusqu’au coeur et qui s’installe en douce, sans faire d’éclat. Comme un nuage de brume qui nous enveloppe lentement. On se réveille un matin et on réalise que chaque cellule de notre corps est habitée du désir de se coller sur l’autre. On ne sait pas depuis quand, mais on n'a aucun doute que c’est ancré profondément. Étonnement, l’urgence de répondre à notre envie n’est pas là. Les sensations qui nous habitent se suffisent à elles-mêmes, même si on sait très bien que la rencontre de nos corps sera délicieuse. On n’a qu’une idée : laisser exister le désir et savourer l’élan qui nous habite.

Lorsque la vie nous réunit enfin, au lieu de se jeter un sur l’autre pour assouvir ce désir qui nous brûle. On s’approche doucement, lentement. On se frôle, s’effleure, se caresse en savourant chaque seconde de ces extatiques sensations qui se succèdent. On se fond l’un dans l’autre en souhaitant que cet état de désir existe indéfiniment. Et on nourrit ainsi ce désir plus discret, mais tellement plus profond qui pourra exister jusqu’à la prochaine fois.

24 juin 2013

Viking posthume 1 de 5 : Le temps


Il est bien connu que  la vitesse du temps varie au fil des événements. La convention veut que le temps passe vite en bonne compagnie, quand on s’amuse.

Pourtant, il arrive qu’en certains lieux, le temps passe lentement même si on est bien entourée et même si on a beaucoup de plaisir. Un peu comme si la capacité d’être dans le moment présent se multipliait et offrait la possibilité de vivre tout ce qu’il y avait à vivre. Ces lieux sont rares et précieux.

C’est dans un de ces lieux que j’affectionne particulièrement que j’ai réalisé que j’avais eu la chance de croiser la route d’un être qui avait les mêmes pouvoirs. Que les moments volés à la course effrénée qu’est ma vie, s’étiraient quand j’étais avec lui. Qu’on avait le temps de tout se dire ce qu’il y avait à dire et de faire tout ce qu’on avait envie, malgré la courte durée de ces séjours. Qu’au moment de son départ, bien que triste, j’étais comblée en j’avais fait le plein de sa présence, du moins assez pour me rendre à la prochaine fois. Peut-être était-ce lié aux grand espaces qu’il transportait partout avec lui ? À la chimie qui s’était installée en douce ? Dur à dire.

Enfin... jusqu’au séjour qui a précédé la fin de notre histoire. Cette fois là, on dirait que la vie nous a rattrapée. Le temps a filé et le moment du départ est venu nous bousculer. Est-ce que c’était le signe que nous étions arrivés au bout du chemin ou est-ce que ce changement de rythme est venu précipiter la fin ? On ne le saura jamais. Mais le vide actuel semble aussi élastique que l’était le temps en sa compagnie.

13 juin 2013

La sagesse


Ce qui est bien en vieillissant, c’est qu’au fil des expériences, on a réglé plein de questions existentielles. On a mis au clair ce qu’on ne voulait plus vivre. Par exemple, on a décidé qu’une relation amoureuse non-exclusive c’était trop compliquée et trop déchirant, on a affirmé qu’on en avait marre d’être une muse et on a assez vu le film avec la maîtresse d’un homme marié pour savoir que la fin est toujours poche et que tout le monde pleure à la fin. Ces paramètres clairs sont rassurants et réconfortants.

Jusqu’au moment où sans trop comprendre pourquoi ni comment, on se retrouve à nouveau dans une de ces situations (ou les 3, certaines personnes sont impressionnantes dans leur capacité à attirer le chaos...). On revisite les pours, les contres, le sens, la philosophie, on théorise, on rationnalise et on se dit alors que la vie est un éternel recommencement.

9 juin 2013

La confiance


Dans toute relation vient un jour où on doit faire confiance. Peu importe la forme de relation, l’entente conclue, le passé et le futur envisagé. D’abord, qu’on fasse confiance ou pas, ne changera rien à la suite de la relation. En fait, ça ne changera rien au risque que la personne qu’on aime (ou qu’on fréquente légèrement, c’est selon) s’enfarge dans les bras d’une autre personne. Si le manque de confiance a quelque chose à changer, c’est sur notre degré de confort. Plus on est jaloux, plus on se laisser hanter par la possibilité d’être remplacée, plus on est anxieux. L’énergie qu’on met à inventer des scénarios improbables et catastrophiques, nous gruge et nous limite dans notre capacité à s’investir positivement dans cette histoire.

Du coup, si on a véritablement envie que cette histoire grandisse, on n’a qu’une option : Apprendre à faire confiance, à l’autre, au lien qui se tisse et à nous, majoritairement à nous. C’est la fin des phrases lancées faussement nonchalamment, des blagues de territoire et des questions qui se veulent légères et anodines. On remplace toute cette superficialité par des dévoilements authentiques et par des souhaits clairs. On peut ensuite ouvrir grand les bras et sauter les yeux fermés. Et respirer, surtout, beaucoup respirer.

6 juin 2013

La transformation


Il existe plusieurs façons de concevoir les relations amoureuses. La plus connue consiste à trouver quelqu’un qui a les mêmes intérêts que nous et avec qui il sera possible de partager un quotidien commun. Or, il arrive que certaines rencontres viennent remettre en question cette façon de voir. Lorsqu’on rencontre un être extraordinaire qui nous fait vibrer mais qui ne cadre pas dans le plan qu’on avait fait, ou dans notre vie actuelle, il faut faire un choix. Certaines personnes choisissent de poursuivre leur route en se disant qu’il est inutile de tenter de changer quelqu’un. D’autres plus téméraires ou têtues, c’est selon, s’acharnent à faire entrer cette personne dans la case prévue à cet effet.

Quelques-uns d’entre nous, habités par un secret désir de se transformer choisissent plutôt d’ouvrir leur coeur, de fermer les yeux et de se laisser entrainer par ce cadeau imprévu. Du coup l’amour n’est plus l’occasion de trouver quelqu’un qui peut nous apporter un certain mode de vie, mais plutôt l’opportunité de vivre à deux des expériences déroutantes et enrichissantes qui nous rapprochent toujours un peu plus de qui nous sommes véritablement.

20 février 2013

Le moule

C'est l'histoire d'une princesse qui rencontre un Viking.

Avant cette rencontre, la princesse vivait avec une sensation d'inconfort plus ou moins forte selon les époques, mais continuait de poursuivre des objectifs d'excellence et de conformité.

Lorsqu'elle aperçu cet homme étrange, elle se senti étonnement attirée. Sa légèrté, sa façon de vivre librement et sa capacité de prendre les choses une à la fois la fascinaient mais amplifiaient l'inconfort avec lequel elle avait appris à vivre. Au fil du temps, le lien entre eux continua de se tisser. Peu importe les états d'âmes de la princesse ou les aléas de la vie, le lien grandissait.

Les Vikings étant ce qu'ils sont, ce qui devait arriver arriva. Il partit pour un long voyage. Laissant la princesse entre l'extase de ce lien si bon et l'impression de perdre ses repères. La princesse tomba gravement malade et dû s'arrêter pour se reposer. Elle profita de ce congé forcé et de l'espace imposé par l'absence de son bien-aimé pour respirer et observer ses mouvements intérieurs. C'est alors qu'elle comprit. Le mal-être, l'inconfort qui la poursuivait depuis si longtemps, était le résultat de son obstination à répondre à ce  qu'elle croyait qu'on attendait d'elle, à ses tentatives répétées de se conformer à un mode de vie trop contraignant, alors que tout comme lui, elle avait un immense besoin d'espace et de liberté.

Au moment où cette histoire s'écrit,  impossible de savoir si à la fin de son périple le Viking reviendra vers La Belle et s'ils vivront heureux. Mais une chose est certaine, plus jamais cette princesse acceptera de se contorsionner pour entrer dans un moule trop étroit et qui ne lui ressemble pas.

-La fin-