4 octobre 2011

Résilience

Étonnant qu’avec le temps on arrive à se remettre d’une déception amoureuse avec la rapidité de l’éclair. Comme si on avait l’habitude. Doucement, on remet nos pieds dans les pantoufles du célibat, on reprend nos habitudes, ajoute une activité par-ci, un souper par là. On attend la crise, le désespoir, mais ça ne vient pas. On a pleuré un peu quand même, mais on est loin du déluge attendu. On n’a même pas appelé les ami(e)s qui se sont portés volontaires pour nous entendre se plaindre et radoter. La vie a repris son cours et comme elle est bien remplie c’est juste si on se souvient qu’on a gouté la complicité et la douceur. Il ne reste qu’un sentiment d’irréalité, à peine si on est convaincu que cette histoire a eu lieu.

On peut alors se demander si la résilience s’acquiert avec le temps. Si on peut développer la capacité à se détacher aussi rapidement. S’il est possible de se remettre d’une abrupte désillusion au point de respirer si calmement et si paisiblement ?

Mais c’est quand on prend le temps de s’arrêter et d’y penser qu’on réalise que sa présence hante nos nuits, qu’il se loge dans chaque rêve, répétant sans cesse qu’il est toujours là. C’est quand on se remémore comment on se sent durant le court moment entre le réveil et la douche, entre les rêves et la réalité, qu’on prend conscience que cette fois-ci notre cœur n’a pas éclaté en mille morceaux mais qu’il s’y trouve maintenant un trou énorme et que c’est par là qu’on arrive, temporairement du moins, à respirer.

3 commentaires:

Moi a dit…

Je suis d'accord avec toi... :)

Une femme libre a dit…

Ouf! C'est bien écrit, ça.

Anonyme a dit…

Merci ! ;o)