Une gang de fille, un party, une discussion, une idée…
-On devrait cesser de chercher (ou d’attendre) un amoureux. On devrait se faire une collection d’amants.
-Une collection ?
-Ben oui, c’est pas mal moins compliqué d’avoir plusieurs amants qu’un seul.
-C’est clair, quand t’as le goût de baiser t’as le choix
- En plus, tu mets pas de pression sur le seul mec disponible, si t’en a 4 tu peux les appeler une fois par mois chaque
-Genre
-T’as moins d’attentes
-Tu t’attaches moins
-Ça te permet de combler différents besoins ; un plus tendre, un plus riche, un plus cute, un plus fougueux.
-On peut même faire du recyclage
-Excellente idée
-On fait ça
-Ok !
Vérification faite, la gang de filles est significativement déçue. La légèreté et le plaisir ne sont pas au rendez-vous. La volupté et la simplicité non plus ! D’abord l’approvisionnement est ardu. Passé 30 ans, le choix est moindre et le temps disponible pour le magasinage aussi. On passe moins de temps dans les bars qu’à 20 ans, on rencontre moins d’amis d’amis, on rencontre moins de monde au travail qu’à l’école etc. On se retrouve avec un ratio de baise chirurgicale frôlant le 100%. Est-ce que l’insatisfaction est liée à la difficulté de trouver des amants potables ? Peut-être. Est-ce que la déception de constater que même ces relations ne peuvent pas se dérouler simplement y est pour quelque chose ? Probablement. Est-ce la constatation étonnante que la bêtise humaine n’a pas de limite ? Possible.
Il se pourrait aussi que nos expériences passées nous aient procurés des sommets de plaisirs difficilement atteignables. Qu’habituées à la haute cuisine nous ne nous satisfassions plus de tv dinner. Qu’après avoir explorées mille et une combinaisons de caresses enlevantes avec un être unique, nous n’ayons plus envie de simples baises hygiéniques. Qu’après avoir senti l’irrésistible attirance d’une peau brûlante, nous n’arrivions plus à nous laisser aller à l’appel d’une caresse tiède. Qu’après avoir repoussé les limites du plaisir et vécu des explosions orgasmiques indescriptibles, nous souhaitions revivre la même intensité.
Reste à voir si la vie nous offrira d’autres rencontres divines ou si nous devrons tristement espérer que ces empruntes s’effacent sur nos corps.
Collection : 0 Espoir : 1
3 novembre 2009
La collection
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1 novembre 2009
Un jeu ?
En 2009, personne en bonne santé mentale ne pourrait argumenter que le port du condom est farfelu. Tout le monde (ou presque) en son âme et conscience est convaincu de la nécessité d’utiliser ce caoutchouc tout aussi désagréable soit-il. On ne verra jamais, dans un souper quelqu’un se lever et dire : « by the way, le condom c’est con et inutile, ça brise la magie, c’est juste bon pour les one nights avec des filles de 20 ans trop sexuées. » On n’entendra jamais, une gang de filles dire : « oui, mais quand tu le sens qu’il se passe quelque chose avec quelqu’un, c’est correct de faire confiance à ses feelings »
Alors pourquoi, dans l’intimité de la chambre à coucher, dans la proximité troublante d’un moment partagé, est-il si difficile de se résoudre à enfiler la fichue protection ? Pourquoi, l’impression de gâcher quelque chose, d’interrompre un moment parfait persiste-t-elle ? Peut-être parce que quand on vit un moment où chaque caresse glisse vers la suivante, où les corps d’emboîtent dans une étonnante perfection, où les bouches se cherchent et se trouvent avec la même succulente surprise, l’envie d’appliquer ce rythme naturel jusqu’au bout du corps est inévitable ? Quel bonheur de sentir le contact du sexe de l’autre, qui se rapproche, taquine, hésite, tergiverse, agace… Quelle exquise excitation que de se demander qui cédera le premier ? Quelle sensation que de surprendre l’autre à un moment où il ne s’y attend pas ! Ou d’être surprise quand on ne s’y attendait plus !
Peut-être parce que mettre un condom c’est vrai que c’est aussi plate que c’est nécessaire ? Malgré des explorations incessantes, on n’arrive toujours pas à trouver quel jeu en faire. L’installer implique d’interrompre, même pour quelques secondes, l’harmonie du moment. Un peu comme si quelqu’un criait : « attention ! attention ! voici le moment de la pénétration ». Se résoudre à l’utiliser implique aussi (souvent avec raison) à illustrer qu’on ne fait pas confiance à la personne avec qui on s’apprête à fusionner, son corps, son âme, son cœur. Paradoxe déchirant s’il en est un.
Ça ne serait ni responsable ni intelligent de boycotter le condom. Lors de baises chirurgicales, il est tout à fait vrai que ça ne fait aucune différence. Mais pouvons-nous minimalement nommer et assumer que lorsque que deux personnes connectent, le condom vient briser cette union. Pouvons-nous être clairs à l’idée, que ce n’est pas pareil et qu’on déteste ça même si nous l’utiliserons de notre mieux ? Qu’on aura beau lui donner tous le sens qu’on veut, il y aura toujours des instants où il faudra une volonté de fer pour se résoudre à être raisonnable.
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30 octobre 2009
La baise chirurgicale
Les relations sexuelles font partie des besoins de bases de l’être humain. Qu’on ne se surprenne pas, si à l’occasion, deux êtres humains choisissent lucidement d’unir leurs corps. Il arrive que ces rencontres soient étonnantes et que la volupté soit au rendez-vous. Il arrive malheureusement souvent que ces moments demeurent techniques, que peu importe l’habileté et la générosité des partenaires temporaires, la chaleur n’envahisse jamais les corps rassemblés. Que la relation sexuelle se déroule froidement, que les gestes s’enchaînent logiquement, suivant la direction que la tête veut bien leur donner, poursuivant ainsi une efficacité hygiénique. Même si ce genre de moment peut donner lieu à un relâchement, à une détente, une certaine insatisfaction demeure. Comment ne pas être déçue quand on sait les sommets de plaisirs où la connexion féérique des corps peut nous conduire ? Quand on connaît les potentiels d’extase des moments où, laissant monter la chaleur, les corps se sont fusionnés ?
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4 octobre 2009
Histoire d'un royaume
Viens un temps dans la vie où le petit prince doit combattre ses dragons. Les siens à lui. S’il veut conquérir la princesse, mais surtout s’il veut devenir un Roi maitre de son royaume (intérieur). Il arrive que certains se perdent dans leurs ombres et s’enlisent dans un immobilisme faussement rassurant. Pour un temps, l’illusion d’avoir gagné peut durer. Du bout du monde, l’illusion de ne pas retourner en arrière peut subsister. Mais s’ils leurs arrivent de s’assoupir, les Dragons ne s’endorment jamais éternellement. Même s’ils se mordent la queue.
Il est malheureusement des petits princes, qui, faute de courage, se laissent dévorer de l’intérieur par leurs dragons affamés par un trop long sommeil.
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30 septembre 2009
Les filles beiges
Qu’est-ce qu’une fille beige ? Il s'agit de cette fille plate, qui se couche tôt, qui vit une insipide routine, dont on remarque à peine la présence. Comme si ce n'était pas suffisant, elle se permet de critiquer sans cesse, de déclarer la guerre froides aux chums de gars, aux virées entre amis et qui démontre efficacement sa propension au contrôle. À moyen terme, elle se laisse aller, perd son sexyness, cesse de contribuer à la vie sexuelle conjugale, encadre l'alimentation de sa douce moitié, voire même réclame le chèque de paie de son amoureux soi-disant pour mieux le gérer. Ennemies jurées des filles intenses et passionnées, les filles beiges sont celles avec qui les hommes unissent trop souvent leur destinée.
On pourrait être étonnée de voir que ces filles finissent plus souvent qu’autrement en couple. Mais non. En se liant avec des filles intensément vivantes les hommes doivent apprendre à s'ajuster au mouvement, à se repositionner sans cesse, à être à l'écoute, en mouvement. Alors que la fille beige, elle, est rassurante parce qu'immobile. L’homme peut alors se concentrer uniquement sur sa propre agitation, éviter de se remettre en question et continuer à faire tourner sa vie autour de son propre nombril.
13 septembre 2009
L'intimité
Étrange comme de nos jours l'intimité ne se situe plus au même endroit. Il devient plus facile de proposer une relation sexuelle, d'exécuter des prouesses érotiques que d'avouer notre envie de caresses, de dodos en cuillère et de doigts délicats dans les cheveux. Étonnant comme une fellation peut parfois paraître moins intime qu'une douce nuit collée.
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31 juillet 2009
Le silence
Trop souvent oublié, le silence est un allié incommensurable dans plusieurs situations. Il permet d’écouter les autres, de s’écouter, de faire le vide, de faire une pause.
Lorsque l’homme tant convoité devient trop douloureux, lorsque les innombrables explications demeurent vaines, le silence devient parfois le seul chemin possible.
Le silence entre moi et lui
Le silence entre moi et les ami(e)s qui voudraient connaître les secrets de mon cœur.
Le silence avec moi-même.
Ce silence si précieux qui s’avère être délicieux et qui permet l’exploration d’états et d’espaces inconnus dont on n’aurait jamais pu deviner l’existence entre paroles et agitations.
Ce silence qui ne guérit rien mais qui permet de goûter au bonheur en attendant la cicatrisation, ce bonheur qui permet de garder un minuscule espace silencieux dédié à cet être extraordinaire. Comme un temple, gardant le souvenir de cette tempête qui bouscula tout, ne me laissant d’autres choix que de me réfugier dans ce silence divinement transformateur et étonnement confortable.
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