16 mars 2008

De battre mon cœur s’est arrêté.

Il existe vraisemblablement un nombre de fois maximum où on peut se « pêter la gueule », un nombre limite de fois où on peut se déchirer le cœur. Il finit par arriver un moment où ce dernier s’arrête d’aimer. Il est difficile d’affirmer si c’est le pansement qu’on lui a fait qui l’empêche de battre où si la plaie l’a irréparablement endommagé.

Il serait pratique de pouvoir élaborer une formule mathématique qui nous permettrait de déterminer si notre cœur peut prendre le risque de tenter une nouvelle relation ou s’il est trop près de la fin de sa vie. On pourrait, par exemple, additionner le nombre de ruptures aux déceptions amoureuses puis les multiplier par l’intensité des blessures, et diviser le résultat par la racine de l’amour parental multiplié par l’estime de soi. Ça nous donnerait une indication sur le choix à faire quand une étoile filante nous surprend au détour et qu’on se doute bien qu’on n’en sortira pas indemne.

Heureusement, dans la plupart des cas, l’amour continu de circuler dans les relations amicales et familiales et (le plus important) : le désir sexuel persiste. Peut-être est-ce simplement une nouvelle façon plus légère, plus facile, de vivre, une bénédiction des dieux? Peut-être, mais ça demeure tout de même un peu triste de sentir que nous ne sommes plus aptes à aimer amoureusement, de sentir qu’une partie importante de nous a perdu ses facultés.

Reste à savoir si irrémédiablement blessé, notre cœur s’est arrêté pour toujours ou s’il s’agit seulement d’un espacement exponentiel d’une période réfractaire de l’amour et qu’un beau jour, au détour d’un sourire, un chatouillement particulier nous annoncera sa régénération.

15 mars 2008

Tag

Je répond à la tag de Cendrillon Moderne

Le règlement :
1. Écrire le lien de la personne qui nous a tagué

2. Préciser le règlement sur son blog

3. Mentionner six choses sans importance sur soi

4.Taguer six autres personnes en mettant leur lien

5.Prévenir ces personnes sur leur blog respectif


Mes révélations : ( J'en ai mis 9 parce que je suis une rebelle et parce que je ne serai pas en mesure de taguer 6 autres blogueurs)

1. J'ai une connaissance étonnante ( et inutile!) de la culture télévisuelle et de ses potins.

2. J'ai déjà fait de la danse folklorique mais je pratique maintenant la danse swing.

3. J'ai un énorme tatouage dans le dos.

4. Me mettre du vernis sur les ongles d'orteil me redonne le sourire à coup sur.

5. Je suis une grano finie qui mange du Burger King en sortant du swing le vendredi soir.

6. Je n’ai pas de seins, je ne vois donc pas pourquoi je porterais un soutien gorge.

7. J’ai eu les cheveux bleus, oranges, rouges, rasés, longs, courts etc et j’avais toujours l’air aussi douce.

8. J’ai peur des tortue, je pense qu’une d’entre elles m’a dévoré dans une autre vie.

9. Je maîtrise un répertoire impressionnant de chansons d’amour kétaines au piano.


Je résiste à l'envie de taguer M. l’adulte qui l'a déjà été, même si je suis je suis certaine qu’il pourrait nous pondre aisément au moins 18 autres choses sans importance sur lui. Je tag Zen@belle, Mlle V, Mère Indigne, et Pascale

11 mars 2008

Le poids de la différence

Recevoir en plein visage l’étendue de sa différence. Réaliser cruellement que les amis considérés jusque là comme des semblables ne l’étaient pas. Mesurer l’ampleur de la trahison et suffoquer dans ses larmes. S’illuminer de vérité et accepter, enfin, que jamais personne ne pourra côtoyer simultanément les multiples facettes de la complexe personnalité. Se sentir intrus peu importe le clan. Sentir constamment le jugement sur les gestes posés et les sentiments ressentis


Se sentir incompétente de ne jamais arriver à faire comme les autres. Être un vilain petit canard qui ne retrouve jamais sa famille de cygne. Étouffer de solitude, sentir son souffle se coincer dans sa poitrine comme si affronter l’extérieur faisait trop mal. Réaliser drastiquement que peu importe les illusions, jamais personne ne pourra comprendre et supporter l’entièreté de mon être

Et ultimement, intégrer que dorénavant il sera plus rentable de mettre son énergie à y arriver seule plutôt que de tenter de se rapprocher des autres.

3 mars 2008

Éclair

Les relations éclair ressemblent aux voyages d’une semaine à Cuba. On a pas le temps de voir les mauvais côté, on est juste ébloui par la magnificence du paysage et par le sentiment de béatitude qui nous envahi. On ne réalise pas qu’après quelques semaines on en reviendrait peut-être du soleil, des daiquiris et qu’on commencerait probablement à tourner en rond. Comme une publicité malhonnête qui nous fait entrevoir un faux bonheur.

On garde en souvenir, les tremblements de terre physiques et cosmiques, le sourire éblouissant, les appels surprises, l’espoir d’une vie nouvelle. On oublie qu’inévitablement, il aurait finit par perdre son iridescence. On oublie que les mots doux et les avances audacieuses auraient un jour ou l’autre fait place à la routine. Que dans un avenir rapproché on aurait fait la connaissance de ses travers. On oublie la judicieuse distance qu’il gardait en place, comme un garde-fou l’empêchant de plonger, de s’abandonner; son inquiétante perfection, sa déroutante superficialité.

Les courtes fréquentations aux fins abruptes sont difficiles à oublier parce qu’elles conservent un aura de mystère et un monde infini de possibilités. Et pourtant, le début fulgurant et la fin précipitée devraient suffire à nous convaincre de la non- viabilité de cette histoire. Se délecter des souvenirs reste la seule avenue à envisager si on veut minimiser la déchirure.

18 février 2008

Le poids des autres

Les autres me pèsent…

Les autres qui sont si certains des gestes que je devrais poser, des choix que je devrais faire.

Les autres pour qui le chemin de mon bonheur semble si évident.

Les autres qui me dictent avec certitude les réactions que je devrais avoir.

Les autres pour qui ça semble si évident réussir sa vie, que je finis par me sentir incompétente.

C’est fou comme le désir des gens qui nous aiment de nous voir heureux peut devenir lourd. Comme si on finissait par se sentir nul de ne jamais réussir à atteindre le forfait bonheur qu’ils nous souhaitent. Comme si on finissait par croire qu’ils savent mieux que quiconque ce qui est bon pour nous. Comme si on accordait plus de valeur à leur avis sur le sujet qu’à ce qu’on ressens. Comme si on avait l’impression de les décevoir quand notre sentiment de ne pas y arriver refait surface.

Comme si tous les vœux de bonheur de nos amis finissaient par peser au point d’handicaper notre capacité à vivre notre propre vie.

Il n’y a que moi qui peut savoir ce qui est bon pour moi … et choisir de le faire ou pas…

16 février 2008

Cicatrices

Il est des peurs insurmontables, des blessures impossibles à guérir, des cicatrices qui défigurent le coeur pour plusieurs éternités.

Des cicatrices tellement nombreuses qu’elles se transforment en bouclier, empêchant pour toujours quiconque de s’approcher du cœur sans causer un déluge de larmes.

Des blessures tellement profondes, qu’on dirait des tunnels qui précipitent dans des abîmes de douleurs auxquels on finit par s’habituer, où on finit par se sentir chez soi.

9 février 2008

Se conter des peurs

Lorsqu’un nouveau prétendant fait son entrée dans notre vie, quoi de plus confortable que de lui attribuer la responsabilité de la non viabilité de la relation. Quoi de plus facile que de prendre tous et chacun à témoin d’une trop grande ardeur. Quoi de plus sécurisant que de lui laisser entre les mains les événements et les mots qui nous ont fait peur.

Pourtant, si on se force à être honnête, si on fait l’effort d’aller voir au fond de nous, la vérité nous saute aux yeux. La racine de cette peur est bel et bien située à l’intérieur de nous. Ce qui fait peur ce n’est pas la proposition rapide de l’autre de bâtir avec nous, de partager le quotidien et ses multiples plaisirs, c’est la résonance qu’a cette proposition au fond de notre cœur, c’est le rêve que cette ouverture fait naître qui nous terrorise. C’est l’idée de devoir maintenant réfléchir aux multiples possibilités de bonheur qu’on avait bien rangé dans une boite. C’est la brèche dans notre carapace que fait apparaître cette soudaine douceur, la peur de ne pas pouvoir survivre sans elle, l’impression que notre cœur pourrait retrouver sa tendreté.

Un peu comme une peau nue qui goûte pour la première fois la caresse du vent et qui en apprivoise peu à peu les nouvelles sensations.