« prends ça cool », « ne t’attache pas », « méfie-toi »… autant de pensées ou de commentaires d’ami(e)s qui veulent votre bien et qui surgissent lorsqu’on rencontre une personne au potentiel alléchant.
On s’arme alors de notre bouclier pour laisser approcher, mais pas trop, cet être dont on ne sait encore rien, mis à part qu’il suscite fortement l’envie de réduire significativement(!) la distance qui vous sépare, de percer son mystère et de partir à la découvertes des chemins fréquentables.
Mais ce bouclier ? Sert-il réellement à quelque chose ? Si une armée d’éléphant s’amenait pour nous piétiner, ce bouclier de pacotille ne diminuerait en rien l’intensité de la douleur… Son seul effet mesurable est de nous empêcher de nous servir de nos mains et de laisser notre esprit s’élever. Mais qu’est-ce qu’on se sent fort derrière notre bouclier !
Pourtant, on aura beau se retenir tant qu’on veut, lorsque l’étincelle a jaillit, le processus est enclenché. Mettre les freins ne fera que diminuer le potentiel de moments intensément jouissifs et nous empêcher de profiter de chaque possibilité, de chaque rencontre. Cela dit, il n’est pas nécessairement recommandé de se marier à la première rencontre, ni de se jurer amour pour l’éternité ou encore de se présenter ses parents respectifs… Une retenue raisonnable, prendre le temps de respirer entre chaque bouchée de bien-être, entre chaque bouffée de bonheur, ne fera qu’amplifier les sensations agréables.
On se retrouve alors devant deux choix. Reculer, se cramponner, nourrir ses peurs ou se laisser emporter par le torrent en profitant des bienfaits de la vague. Dans les deux cas, la tristesse sera un jour au rendez-vous. Mais nul ne peut prédire si quelques jours ou plusieurs décennies se seront écoulées.
Et entre vous et moi, à ce moment, vos ami(e)s et votre surmoi seront trop impressionné(e)s par la quantité de bonheur vécu, par le chemin parcouru et trop touché(e)s par votre tristesse pour vous rappeler que vous étiez avertis !
« On se déroute quand on se rencontre, sinon on ne fait que se croiser » Boris Cyrulnik
27 janvier 2010
Le bouclier
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17 janvier 2010
Ici et maintenant
Est-ce possible qu’une fois la mort absolue d’une partie de nous complétée, un nouveau moi amoureux naisse et remplace sublimement l’ancien moi blessé et cicatrisé ? Ou est-ce que cet état de félicité est plutôt du au fait que la connexion ne se rend plus au cœur, trop atrophié par les douleurs passées? Difficile à dire. Pourtant, peu importe l’explication, cet état favorise l’ancrage total et absolu dans le moment présent. Un état où les questions et les peurs brillent par leur absence, où tout ce qui compte est de maximiser le bien-être et le plaisir disponible dans cet instant présent si engagé.
Est-ce la peur qui persiste à faire planer l’inévitable rupture et qui oblige à arrimer dans le présent chaque élan, chaque sensation, chaque soubresaut du cœur ? Où est-ce une sagesse naissante qui arrive à point ?
Nouveau moi amoureux ou cœur déconnecté pour cause de surutilisation , l’avenir se chargera bien de répondre à cette existentielle question. Mais pour l’instant, dans l’absence d’attentes et de questions, une seule avenue s’ouvre devant : profiter un maximum de ce moment de béatitude.
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25 novembre 2009
Les adieux
La fin d’une relation mérite autant de soins et d’attention que sa durée… dixit la sexologue de Tell me you love me…
Cette très belle citation pourrait expliquer ces adieux tardifs qui ont eu lieu presque une demi-année après la fin effective de cette histoire sans fin…
Prendre le temps de se dire. De tout dire. De répéter même. De reposer des questions qu’on sait sans réponse. Souffrir durant ce court moment qui semble une éternité. Retrouver, ressentir exactement ÇA, LUI, identique au délicieux passé. Se déchirer de l’intérieur à cause de l’incongruence du ressenti et du discours. Respirer doucement dans ce cœur dont les lambeaux se multiplient à une vitesse faramineuse.
Réussir à ne pas emprunter le chemin habituel. Se faire violence et ne pas tirer sur le fil qui dépasse. Celui qui conduit inévitablement à l’espace entre le cœur et l’âme, là où on a toujours réussi à s’immiscer. Arriver, par une magie improbable, à rester dans son corps et à laisser l’autre confirmer la rupture. Sentir une force surnaturelle nous faire tourner les talons et nous permettre de quitter la tête haute.
Réaliser que bien au-delà de l’orgueil, cette histoire ne peut être viable si ce n’est pas LUI qui s’avance, qui propose. LUI qui initie, demande, courtise. Prendre conscience, aussi, que cette fin est réelle et salutaire et qu’elle signe la fin d’une époque, de plusieurs réflexes amoureux néfastes.
Mais, quand même, assumer son humanité et laisser la porte entrouverte. Juste assez pour laisser passer la lumière.
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3 novembre 2009
La collection
Une gang de fille, un party, une discussion, une idée…
-On devrait cesser de chercher (ou d’attendre) un amoureux. On devrait se faire une collection d’amants.
-Une collection ?
-Ben oui, c’est pas mal moins compliqué d’avoir plusieurs amants qu’un seul.
-C’est clair, quand t’as le goût de baiser t’as le choix
- En plus, tu mets pas de pression sur le seul mec disponible, si t’en a 4 tu peux les appeler une fois par mois chaque
-Genre
-T’as moins d’attentes
-Tu t’attaches moins
-Ça te permet de combler différents besoins ; un plus tendre, un plus riche, un plus cute, un plus fougueux.
-On peut même faire du recyclage
-Excellente idée
-On fait ça
-Ok !
Vérification faite, la gang de filles est significativement déçue. La légèreté et le plaisir ne sont pas au rendez-vous. La volupté et la simplicité non plus ! D’abord l’approvisionnement est ardu. Passé 30 ans, le choix est moindre et le temps disponible pour le magasinage aussi. On passe moins de temps dans les bars qu’à 20 ans, on rencontre moins d’amis d’amis, on rencontre moins de monde au travail qu’à l’école etc. On se retrouve avec un ratio de baise chirurgicale frôlant le 100%. Est-ce que l’insatisfaction est liée à la difficulté de trouver des amants potables ? Peut-être. Est-ce que la déception de constater que même ces relations ne peuvent pas se dérouler simplement y est pour quelque chose ? Probablement. Est-ce la constatation étonnante que la bêtise humaine n’a pas de limite ? Possible.
Il se pourrait aussi que nos expériences passées nous aient procurés des sommets de plaisirs difficilement atteignables. Qu’habituées à la haute cuisine nous ne nous satisfassions plus de tv dinner. Qu’après avoir explorées mille et une combinaisons de caresses enlevantes avec un être unique, nous n’ayons plus envie de simples baises hygiéniques. Qu’après avoir senti l’irrésistible attirance d’une peau brûlante, nous n’arrivions plus à nous laisser aller à l’appel d’une caresse tiède. Qu’après avoir repoussé les limites du plaisir et vécu des explosions orgasmiques indescriptibles, nous souhaitions revivre la même intensité.
Reste à voir si la vie nous offrira d’autres rencontres divines ou si nous devrons tristement espérer que ces empruntes s’effacent sur nos corps.
Collection : 0 Espoir : 1
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1 novembre 2009
Un jeu ?
En 2009, personne en bonne santé mentale ne pourrait argumenter que le port du condom est farfelu. Tout le monde (ou presque) en son âme et conscience est convaincu de la nécessité d’utiliser ce caoutchouc tout aussi désagréable soit-il. On ne verra jamais, dans un souper quelqu’un se lever et dire : « by the way, le condom c’est con et inutile, ça brise la magie, c’est juste bon pour les one nights avec des filles de 20 ans trop sexuées. » On n’entendra jamais, une gang de filles dire : « oui, mais quand tu le sens qu’il se passe quelque chose avec quelqu’un, c’est correct de faire confiance à ses feelings »
Alors pourquoi, dans l’intimité de la chambre à coucher, dans la proximité troublante d’un moment partagé, est-il si difficile de se résoudre à enfiler la fichue protection ? Pourquoi, l’impression de gâcher quelque chose, d’interrompre un moment parfait persiste-t-elle ? Peut-être parce que quand on vit un moment où chaque caresse glisse vers la suivante, où les corps d’emboîtent dans une étonnante perfection, où les bouches se cherchent et se trouvent avec la même succulente surprise, l’envie d’appliquer ce rythme naturel jusqu’au bout du corps est inévitable ? Quel bonheur de sentir le contact du sexe de l’autre, qui se rapproche, taquine, hésite, tergiverse, agace… Quelle exquise excitation que de se demander qui cédera le premier ? Quelle sensation que de surprendre l’autre à un moment où il ne s’y attend pas ! Ou d’être surprise quand on ne s’y attendait plus !
Peut-être parce que mettre un condom c’est vrai que c’est aussi plate que c’est nécessaire ? Malgré des explorations incessantes, on n’arrive toujours pas à trouver quel jeu en faire. L’installer implique d’interrompre, même pour quelques secondes, l’harmonie du moment. Un peu comme si quelqu’un criait : « attention ! attention ! voici le moment de la pénétration ». Se résoudre à l’utiliser implique aussi (souvent avec raison) à illustrer qu’on ne fait pas confiance à la personne avec qui on s’apprête à fusionner, son corps, son âme, son cœur. Paradoxe déchirant s’il en est un.
Ça ne serait ni responsable ni intelligent de boycotter le condom. Lors de baises chirurgicales, il est tout à fait vrai que ça ne fait aucune différence. Mais pouvons-nous minimalement nommer et assumer que lorsque que deux personnes connectent, le condom vient briser cette union. Pouvons-nous être clairs à l’idée, que ce n’est pas pareil et qu’on déteste ça même si nous l’utiliserons de notre mieux ? Qu’on aura beau lui donner tous le sens qu’on veut, il y aura toujours des instants où il faudra une volonté de fer pour se résoudre à être raisonnable.
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30 octobre 2009
La baise chirurgicale
Les relations sexuelles font partie des besoins de bases de l’être humain. Qu’on ne se surprenne pas, si à l’occasion, deux êtres humains choisissent lucidement d’unir leurs corps. Il arrive que ces rencontres soient étonnantes et que la volupté soit au rendez-vous. Il arrive malheureusement souvent que ces moments demeurent techniques, que peu importe l’habileté et la générosité des partenaires temporaires, la chaleur n’envahisse jamais les corps rassemblés. Que la relation sexuelle se déroule froidement, que les gestes s’enchaînent logiquement, suivant la direction que la tête veut bien leur donner, poursuivant ainsi une efficacité hygiénique. Même si ce genre de moment peut donner lieu à un relâchement, à une détente, une certaine insatisfaction demeure. Comment ne pas être déçue quand on sait les sommets de plaisirs où la connexion féérique des corps peut nous conduire ? Quand on connaît les potentiels d’extase des moments où, laissant monter la chaleur, les corps se sont fusionnés ?
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4 octobre 2009
Histoire d'un royaume
Viens un temps dans la vie où le petit prince doit combattre ses dragons. Les siens à lui. S’il veut conquérir la princesse, mais surtout s’il veut devenir un Roi maitre de son royaume (intérieur). Il arrive que certains se perdent dans leurs ombres et s’enlisent dans un immobilisme faussement rassurant. Pour un temps, l’illusion d’avoir gagné peut durer. Du bout du monde, l’illusion de ne pas retourner en arrière peut subsister. Mais s’ils leurs arrivent de s’assoupir, les Dragons ne s’endorment jamais éternellement. Même s’ils se mordent la queue.
Il est malheureusement des petits princes, qui, faute de courage, se laissent dévorer de l’intérieur par leurs dragons affamés par un trop long sommeil.
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